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Kebabs, barbiers, salons de massage... Les commerces de blanchiment se multiplient

Par La rédaction

ECLAIRAGE SUD RADIO - Faux barbiers, salons de massages, restaurants de kebas,... Comment lutter contre la prolifération des commerces de blanchiment de l'argent des trafics dans les villes et villages de France ? A la tête d'une mission parlementaire dédiée à ce sujet en 2021, Patrick Vignal donne son avis.

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Des milliers de commerce ouvrent uniquement pour le blanchiment de l'argent des trafics. (AFP)

Sept milliards d'euros, c'est ce qu'a rapporté la vente de stupéfiants aux trafiquants, en France, en 2025. Des transactions rapides et lucratives qui peuvent rapporter jusqu'à 20.000 euros par jour dans certains points de deal. Parfois, le blanchiment se fait directement dans l'Hexagone, à la vue de tous. Pour blanchir cet argent sale, certains narcotrafiquants achètent des petits commerces, comme des salons de coiffure type barbiers, des épiceries, des restaurants de type kebabs, des bars à chicha,...

Patrick Vignal, ex-député Renaissance de l’Hérault, a été à la tête d’une mission parlementaire en 2021 qui voulait s'attaquer aux commerces illicites. Au micron de Sud radio, il livre son avis éclairé sur la question.

"La prolifération de commerces de proximité..."

Depuis la transmission de son rapport, la situation ne s’est pas améliorée. Et ce malgré la prise de conscience du fait que tous ces commerces servent de relais au blanchiment. "En fait, en 2021, j’ai 200 maires qui me disent avoir un souci avec la prolifération de commerces de proximité : épiceries de nuit, massage, bars à chicha, kebabs… Comment pouvez-vous avoir une réussite économique quand vous avez dans une rue six épiceries de nuit côte à côte dans la même rue ?"

"Dans ces commerces, c'est incontrôlable"

"Le narcotrafic représente 6 à 8 milliards d’euros, rappelle-t-il au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio. Ils sont capables d’acheter des dockers, des gardiens de prison, souvent par la menace. Dans ces commerces, c’est incontrôlable. Les politiques n’ont pas un coup d’avance sur ces boutiques. On a besoin d’épicerie de nuit, dans la plus grand majorité. J’avais proposé de créer une fédération des épiceries de nuit et des kebabs."

"A Montpellier, on est passé de 30 épiceries de nuit ou commerces illicites à 200"

"Aujourd’hui, si l'on veut régler le problème, il faut de la répression et des propositions, résume Patrick Vignal, ex-député Renaissance de l’Hérault, sur l'antenne de Sud Radio. On en vient au fait qu’il faut donner un droit de regard au maire de la ville. Chez moi, à Montpellier, on est passé de 30 épiceries de nuit ou commerces illicites à 200. Dernièrement, un gamin de 19 ans a été brûlé dans une épicerie de nuit."

"Il faut donner les moyens d'action aux maires"

"Je pense aux buralistes, alors que la génération qui arrive fumera de moins en moins. Il paie des impôts, des patentes. Si vous êtes épicerie de nuit et que vous vous faites attraper à vendre des cigarettes et de l’alcool, vous avez acheté le local d’à côté. Le lendemain, vous transférez la marchandise et ouvrez le local. Gérant, cogérant et actionnaire devraient avoir un an d’interdiction. Il faut donner les moyens d'action aux maires. Il faut arrêter que l’État fasse tout."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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