"On ne badine pas avec la dette. L'OCDE nous a prévenus : la France doit engager un redressement « important et durable » de ses finances publiques. Comprendre : il n'y a plus beaucoup de temps à perdre. Les chiffres donnent le vertige. Plus de 3 500 Mds € de dette. Un déficit qui reste parmi les plus élevés de la zone euro. Et une équation qui se complique : les taux d'intérêt remontent, la population vieillit, il faut financer la transition écologique, renforcer notre défense... Les dépenses s'accumulent alors que les marges de manœuvre se réduisent"
"Des décennies que la dette continue de grimper"
"Cette alerte a un parfum de déjà-vu. Cela fait des décennies que l'on entend que les caisses sont vides. Des décennies que chaque gouvernement promet de remettre les comptes d'aplomb. Des décennies que la dette continue de grimper. Alors pourquoi est-il si difficile de faire des économies en France ? Parce que chaque dépense a ses défenseurs. Parce que chaque réforme suscite des oppositions. Parce que réduire la dépense publique, c'est toucher aux services publics, aux prestations sociales ou aux collectivités. Autrement dit : à des électeurs"
"Le problème est-il conjoncturel ou structurel ?"
Les crises laissent des traces. La pandémie, le quoi qu'il en coûte, la crise énergétique, l'inflation, le soutien à l'Ukraine, autant d'événements exceptionnels qui ont justifié des dépenses exceptionnelles. Mais les crises ont bon dos. C'est toute la question posée par l'OCDE : le problème est-il conjoncturel ou structurel ? Autrement dit, la France vit-elle durablement au-dessus de ses moyens ?"
" Les candidats à 2027 vont devoir redoubler d’imagination"
Bruno Le Maire, à la tête de Bercy pendant sept ans, présenté par ses détracteurs comme « l'homme aux mille milliards de dette supplémentaires », formule qu'il conteste, ce n’est pas lui qui décidait des dépenses publiques, rappelle que les crises ont imposé des choix qu'aucun gouvernement n'aurait pu éviter. Les candidats à 2027 vont devoir redoubler d’imagination et de courage politique pour s’éviter le mur qui se rapproche.