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Crise agricole : les tracteurs en route vers Paris et Toulouse pour une « opération historique »

Des centaines d’agriculteurs en colère convergent depuis ce matin notamment vers Paris et Toulouse pour dénoncer la DNC, la baisse des revenus et la concurrence du Mercosur.

blocages 7 janvier à Toulouse
Blocages en cours à Toulouse

Alors que les mouvements et convois de tracteurs sont interdits dans la majeure partie de la France jusqu'à jeudi en raison des conditions de circulation rendues compliquées par la neige et le verglas, de nombreux agriculteurs en colère ont décidé - comme ils l'avaient promis depuis plusieurs jours - de passer outre et d'activer la vitesse supérieure ce mercredi matin, notamment en direction de Paris et de Toulouse.

"on a décidé d'organiser une opération d'envergure sur Toulouse"

Dans le Sud-Ouest, les agriculteurs de Haute-Garonne ont pris la route pour tenter de bloquer les abords de la Ville Rose, aidés par des convois qui arrivent aussi du Tarn, du Gers et de l'Ariège. « Ca fait un mois qu'il y a un paquet d'agriculteurs qui sont mobilisés et on n'est pas entendus, explique Mathieu Maronese, porte-parole des jeunes agriculteurs de Haute-Garonne, au micro de Sud Radio. Du coup, ce matin, on a décidé depuis quelques jours d'organiser une opération d'envergure sur Toulouse. Une opération historique puisque c'est une intersyndicale avec les 4 syndicats du département qui sont réunis sur la même opération. C'est historique. Aujourd'hui, on s'organise donc pour converger vers Toulouse et pour pouvoir bloquer malheureusement - et je m'en excuse déjà auprès des Toulousains et de ceux qu'on va gêner - le périph'. C'est pas gagné puisque deux arrêtés ont été pris pour restreindre notre mobilisation et nos mouvements. On ne sait pas si on va pouvoir y accéder mais on va tout faire pour. »

Vers 8h30, le convoi est parvenu à entrer sur l'Autoroute A68 et a commencé à mener une "opération escargot" à l'approche des péages, mais les forces de l'ordre sont intervenus afin de stopper l'avancée des tracteurs.

"Maintenant, ce n'est plus de promesses, c'est des actes qu'il nous faut »

« Malheureusement aujourd'hui l'État joue le bras de fer contre nous et on verra ce qu'il va gagner à la fin de la journée. La base, c'est de pouvoir vivre dans notre métier. Il y a quand même cette DNC (dermatose nodulaire contagieuse) dont on parle depuis un mois, un mois et demi sur notre région, et depuis plusieurs mois sur la France entière. Aujourd'hui, on est en phase de finir la vaccination et on se rend compte qu'on est en Ariège où un nouveau troupeau a été détecté alors qu'il est vacciné. On n'a pas encore des troupeaux qui sont vaccinés, c'est inadmissible. Mais derrière ça, il y a aussi le mal-être général de l'agriculture française sur la céréale, sur la viticulture, sur toute l'agriculture française et demain peut-être la signature du Mercosur. Donc là, ils rajoutent des couches sur un truc qui est déjà plein et c'est plus intendable, c'est plus acceptable. Maintenant, on a eu des paroles depuis quelques jours des ministres, le Premier ministre et la ministre de l'agriculture, des promesses encore une fois. Maintenant, ce n'est plus de promesses, c'est des actes qu'il nous faut. »

D'autres blocages d'autoroutes depuis le début de semaine

Depuis le début de semaine, plusieurs autres actions ou blocages routiers ont été dénombrés par la gendarmerie, notamment sur les autoroutes A75 (Lozère), A64 (Haute-Garonne), A51 (Isère), A84 (Manche) et sur l'A7 à différents niveaux, notamment aux abords de Lyon.

Epizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d'une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur, entre autres, les motifs de grogne sont nombreux et légitimes, alimentant une colère que les dernières propositions de l'exécutif ne parviennent pas à calmer.

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