À Bordeaux, le vin s’invite à la table du nouveau gouvernement 

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Au lendemain de la formation du gouvernement, le secteur viticole, à Bordeaux, attend beaucoup du nouveau ministre de l’Agriculture, entre récoltes menacées et soutien économique.

Ces derniers jours, le vignoble bordelais n’a pas été épargné par les aléas climatique, notamment le gel. Environ 50 % des vignes ont été touchées, et les viticulteurs craignent déjà le pire pour leur récolte avec des baisses importantes. Certains ont d’ailleurs été touchés à 80 %, voire 100 %. Ils sont donc nombreux à demander au nouveau ministre de l’agriculture Jacques Mézard de se saisir immédiatement de ce dossier pour les aider. "Ça fait quelques années qu’on subit différents aléas climatiques. C’est compliqué parce que la gelée est un risque assurable, on ne peut pas demander le beurre et l’argent du beurre", reconnaît Charlotte Molinari, propriétaire du Château Pont de Brion, situé dans les Graves. Charlotte Molinari demande donc "un soutien sur quelques exonérations, sur des reports de cotisations, sur des efforts bancaires"

30% de la production à l'exportation

Des demandes qu’entendra peut-être Emmanuel Macron. Le président de la République est, paraît-il, un amateur de très bons vins, et particulièrements des vins de Bordeaux. Le chef de l’État était d’ailleurs venu en Gironde lors de la campagne, en décembre dernier. Les acteurs de la filière viticole compte maintenant sur lui pour régler certains dossiers comme celui des pesticides qu’il faut "réglementer" pour "faire en sorte que le bien vivre ensemble soit une réalité pour les agriculteurs et les néo-ruraux", selon Dominique Guignard, président du Syndicat des Graves. Le viticulteur bordelais espère voir aussi des évolutions sur "les mesures hygiénistes que nous avions précédemment qui faisaient que nous n’avions aucun moyen de communiquer sur notre profession pour faire la promotion de nos produits en France". Si Dominique Guignard se félicite de l’assouplissement de la loi Evin, "il faut absolument que les mesures réglementaires soient aménagées pour que notre filière soit soutenue", ajoute-t-il. 

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Le secteur viticole réclame également un soutien à l’exportation. Aujourd’hui, la viticulture représente entre 8 et 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’exportation, juste derrière le secteur de l’aéronautique. Ainsi, environ 30 % de la production part à l’export. "On espère beaucoup que le nouveau gouvernement sera plus conscient de la nécessité absolue de préserver la filière vin à l’exportation parce que c’est un de nos points extrêmement forts", confie Jean-Christophe Estève, négociant sur la place de Bordeaux. Avant de conclure avec bon sens et malice : "Surtout, on ne peut pas délocaliser".

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