Agirc-Arrco : pourquoi réformer un système de retraites qui marche ?

Le régime de retraites complémentaires Agirc-Arrco est à l'équilibre et possède même des réserves : pourquoi vouloir le réformer ?

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Pourquoi l'État veut réformer un système de retraites à l'équilibre, et disposant de réservez financières ? (Joël SAGET / AFP)

C’est un système de retraites qui fonctionne pour 13 millions de salariés du secteur privé. L’État veut en changer les règles. Mais pourquoi changer un système qui, pour une fois, fonctionne ?

Retraites : "Depuis 75 ans, ce régime n’a jamais eu un euro de dettes"

Des élus de droite comme des syndicats de patronat s’opposent à cette réforme qui confierait aux Urssaff la gestion de la collecte des cotisations. L'idée est-elle de faire main basse sur les milliards de ressources et de réserve de l’Agirc-Arrco ? Mais qui cotise, et est-ce que le système est à l’équilibre ? "C’est une grande institution, pas suffisamment connue, décrypte François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco. Elle existe depuis 75 ans et est pilotée par les représentants des entreprises et des salariés, le patronat et les syndicats."

"Depuis 75 ans, ce régime n’a jamais eu un euro de dettes. Il a même des réserves. Il couvre près de 55 millions de Français, 13 millions de retraités et la quarantaine de millions de personnes ayant travaillé en France à un moment ou à un autre dans le secteur privé, et pas encore parties en retraite. Quand on est client chez nous, on l’est 75 à 80 ans. La vie professionnelle dure 40 à 45 ans, et ensuite la retraite moyenne dure 26 ans. C’est pour cela que le mot d’ordre de l’Agirc-Arrco, c’est d’assurer les paiements des retraites de la génération actuelle sans peser sur les générations à venir."

 

 

"C'est du patrimoine des Français dont il est question"

Pourquoi confier le recouvrement des cotisations à l’Urssaff ? "C’est un projet qui revient régulièrement. En 2019, on voulait fusionner tous les régimes de retraite dans une réforme systémique. C’est un projet qui a été abandonné, rappelle François-Xavier Selleret, directeur général de l’Agirc-Arrco. Pour pouvoir piloter les retraites dans la durée, pouvoir décider comme il y a quelques semaines d’une revalorisation de 5,12%, il y a besoin de garder le pilotage de nos ressources, des recettes aux dépenses. Comme dans un ménage ou dans une entreprise."

N'y a-t-il pas une volonté de mettre la main sur les réserves de l’Agirc-Arrco ? "Les partenaires sociaux ont l’expérience d’autres secteurs. Quand un organisme perd le contrôle de ses recettes, dans la durée, il perd le contrôle de son pilotage. Il y a dix ans, l’assurance-chômage était un organisme équilibré avec des réserves. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. D’une certaine manière, c’est du patrimoine des Français dont il est question. Au sénat, cela a été rejeté à une très large majorité. L'Assemblée, avant le 49.3, avait largement voté l’abrogation de cette disposition. On a là un organisme qui fonctionne. Remettre cela en cause, c’est affaiblir un élément du pacte social, y compris le consentement à la cotisation des jeunes générations. Le débat continue."

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