"50% des artisans ont plus de 50 ans, il va falloir trouver des repreneurs"

La boucherie, un secteur porteur pour les apprentis
La boucherie, un secteur porteur pour les apprentis

Coordinateur du pôle alimentaire de la CPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprise) et ancien président de la chambre des métiers de Paris, Christian Le Lann était l’invité du journal de 18h sur Sud Radio pour évoquer la situation de l’artisanat, qui tente aujourd’hui de séduire les jeunes.

C’est une vaste opération de séduction à grande échelle que lance actuellement le secteur de l’artisanat envers les plus jeunes. Une opération sur laquelle est revenu au micro de Sud Radio le coordinateur du pôle alimentaire de la CPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprise) et ancien président de la chambre des métiers de Paris, Christian Le Lann. "Pendant 12 ans, on a œuvré pour mieux faire connaître l’artisanat, et les chiffres publiés aujourd’hui dans le sondage BVA (Ndlr : 94% des Français auraient une bonne opinion des artisans) ne peuvent que nous encourager", déclare-t-il d’emblée.

Selon lui, la sensibilisation des jeunes aux métiers de l’artisanat est aujourd’hui un enjeu crucial. "Je peux parler du métier de boucher, puisque j’ai été président de la Confédération de la boucherie. J’avais un vrai problème avec ce métier qui n’est pas forcément sexy quand on a 7 ou 8 ans. On a énormément communiqué, on a fait un ouvrage sur la boucherie, et on a séduit les parents, les jeunes, et en quelques temps on a eu environ 9500 jeunes dans nos CSA. C’était un très bon résultat, et il faut communiquer de plus en plus auprès des jeunes et de leurs parents pour leur faire connaître ces métiers. (…) Pour certains jeunes qui s’ennuient un peu dans le cursus scolaire, d’autres voies peuvent être choisies, telles que l’apprentissage. Mais il faut aussi des règles, il faut leur assurer une rémunération correcte et un véritable statut de l’apprenti. Il faut les amener assez jeunes à découvrir ces métiers, avec des stages de découverte qui peuvent être encadrés par l’Éducation nationale", plaide-t-il.

"Un apprenti boucher est assuré d’avoir le Smic pendant deux ans"

Reste à savoir désormais avec quels arguments les artisans peuvent-ils convaincre les jeunes de se lancer dans cette voie. Pour Christian Le Lann, la formation est plus qu’intéressante financièrement parlant. "Je peux vous affirmer que dans le secteur de la boucherie, un jeune en brevet professionnel (deux ans) est assuré d’avoir un Smic pendant toute cette période d’alternance. Essayez donc de trouver un contrat d’alternance avec un salaire équivalent ! C’est le Smic mais sans charge sociale, donc c’est tout à fait intéressant pour le jeune, qui a ensuite des évolutions de carrière possibles dans la boucherie artisanale ou dans la grande distribution, avec également un ascenseur social qui lui permettra de s’établir. Car l’artisanat a un gros problème aujourd’hui : 50% des artisans, dans tous les domaines, ont plus de 50 ans. Il faut bien trouver des repreneurs...", indique-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Christian Le Lann sur Sud Radio

 

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio