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Médicaments anti-obésité : Wegovy et Mounjaro seront remboursés dès le 15 juin mais sous conditions strictes

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - À partir du 15 juin, les médicaments anti-obésité Wegovy et Mounjaro seront remboursés par l’Assurance maladie. Une décision très attendue par les patients concernés, mais qui s’accompagne de critères d’éligibilité stricts.

Obésité : Wegovy et Mounjaro seront remboursés dès le 15 juin 2026, mais sous conditions strictes
SCOTT OLSON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Les patients souffrant d’obésité sévère ou massive (qui touche désormais près de 17,4% des adultes en France) pourront bientôt bénéficier d’un soutien financier important pour accéder aux nouveaux traitements anti-obésité. À compter du 15 juin 2026, Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) seront remboursés à hauteur de 65% par l’Assurance maladie, conformément aux arrêtés publiés au Journal officiel fin mai 2026.

Une prescription sous étroite surveillance

Jusqu’à présent, ces traitements injectables, initialement développés pour le diabète, étaient entièrement à la charge des patients. Leur coût pouvait atteindre plusieurs centaines d’euros par mois, limitant fortement leur accessibilité.

Toutefois, cette prise en charge ne concernera pas l’ensemble des personnes en surpoids. Les autorités sanitaires ont retenu des critères particulièrement encadrés. Le remboursement sera réservé aux adultes présentant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40 kg/m² sans autre pathologie associée, ou un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² accompagné d’au moins une comorbidité, comme le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou certaines maladies respiratoires. Les patients devront également avoir connu l’échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite associée à une activité physique adaptée.

La prescription initiale ne pourra être réalisée que par des spécialistes exerçant dans des centres spécialisés de l’obésité ou par des endocrinologues travaillant en lien avec ces structures. Un document spécifique devra être rempli pour justifier l’éligibilité du patient et permettre la délivrance du traitement en pharmacie.

Un outil parmi d’autres dans la prise en charge de l’obésité

Pour les professionnels de santé, cette avancée constitue une évolution majeure. Au micro de Sud Radio, le nutritionniste Patrick Serog souligne toutefois que ces médicaments doivent être considérés comme un outil parmi d’autres dans la prise en charge de l’obésité. "Évidemment, ce sont des médicaments que l'on prescrit souvent. Mais il faut savoir que ces médicaments ne sont pas la solution à l'obésité. Ce sont des béquilles qui vont permettre de passer des caps", relativise le docteur Patrick Serog.

"Parce que s'il n'y a pas une modification de l'alimentation du patient et s'il n'y a pas d'activité physique, le jour où il va arrêter ce médicament ou en diminuer les doses, il risque de reprendre du poids. Donc, ça ne sert à rien de les utiliser si on n'est pas capable d'avoir une stratégie avec chaque patient. Parce que pour chaque patient, c'est différent. Les patients ne mangent pas de la même façon, ils n'ont pas la même vie, ils n'ont pas les mêmes possibilités de trouver une alimentation qui leur convient facilement. Et donc, ça demande un travail très personnalisé. Beaucoup plus qu'on l'avait encore avant. Parce que nous n'avons pas aujourd'hui, nous ne savons pas exactement comment stabiliser vraiment le poids des patients avec ces médicaments", explique docteur Patrick Serog à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

La pilule miracle n'existe pas

L’efficacité de ces traitements est aujourd’hui largement reconnue. Ils agissent notamment en augmentant la sensation de satiété et en ralentissant la digestion, favorisant ainsi une perte de poids significative chez de nombreux patients. Mais pour Patrick Serog, il ne faut pas céder à l’illusion d’une solution miracle. "C'est un médicament formidable parce qu'il nous aide dans la stratégie nutritionnelle pour aider les patients. Non seulement à perdre du poids, mais surtout pour stabiliser leur poids. Mais ce n'est pas un médicament miracle. Le médicament miracle, c'est celui que vous injectez et qui résout le problème à vie. Et cela, cela n'existe pas", rappelle-t-il au micro de Sud Radio.

Le spécialiste rappelle également que ces molécules bénéficient désormais d’un recul scientifique important : "Il faut dire que c'est la première fois qu'on a un médicament qui n'a pas la dangerosité qu'avaient les autres. Puisqu'on a 15 ans de recul, on sait déjà quand même beaucoup de choses sur ces produits".

Pour les autorités sanitaires, cette mesure vise à mieux prendre en charge une maladie chronique dont les conséquences médicales et économiques sont considérables. Elle ouvre une nouvelle perspective thérapeutique pour les patients les plus sévèrement touchés, tout en réaffirmant un principe essentiel : la lutte contre l’obésité ne peut se limiter à un traitement médicamenteux et doit s’inscrire dans un accompagnement global et durable.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

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