L’abstinence est-elle un danger pour le couple ? La réponse de Brigitte Lahaie

Brigitte Lahaie
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Pour beaucoup, la fréquence des rapports sexuels est un baromètre de la forme du couple. Pour les personnes qui ont du mal à communiquer, le sexe est comme une déclaration d’amour non-verbale, la preuve que l’engagement tient toujours. Pour le ou la partenaire, ce serait comme de recevoir un : « je te trouve de plus en plus séduisant », « tu es toujours aussi belle ». Mais l’abstinence, quand il ne s’agit d’un choix délibéré, est-il synonyme d’un couple en mauvaise santé ? 

Ce qui différencie un couple de toute autre association humaine, c’est bien la sexualité. La supprimer totalement est évidemment néfaste au bon équilibre de la relation. Néanmoins, des périodes d’abstinence ne représentent pas forcément un danger si elles sont comprises et acceptées par les deux partenaires. 

Une baisse de la libido de l’un ou de l’autre des partenaires est fréquente. Si l’intimité est toujours présente, cela ne posera pas de difficultés réelles. Mais si l’abstinence s’est installée depuis de nombreux mois, il sera préférable d’en parler. 

Ne pas faire l’amour durant quelque temps n’est pas inquiétant. Tout dépend de la maturité du couple. Par exemple, un jeune couple - moins de deux ans de vie commune - qui ne ferait pas l’amour durant plusieurs mois serait plus en danger qu’un couple qui se connaît depuis vingt ans. 

Prendre en compte les désirs sexuels de chacun 

Si, pour certains hommes, le manque de rapports sexuels provoque de véritables troubles de la personnalité, d’autres s’en accommodent très bien. La femme semble mieux supporter l’abstinence mais elle peut tout aussi bien éprouver un désir violent pour une autre personne et le passage à l’acte est alors possible. 

Lorsque l’un des partenaires préfère faire l’impasse sur la sexualité alors que l’autre est encore en demande, cela pose un vrai problème. Chacun devra en tirer les conséquences. Celui qui refuse les rapports prend le risque d’être trompé ou quitté. Quant à celui qui se voit imposer l’abstinence, il devra choisir entre l’acceptation de la frustration, aller satisfaire ses désirs ailleurs ou mettre fin à la relation. 

S’il faut bien évidemment s’écouter, il ne faut pas oublier que l’abstinence concerne les deux partenaires. Prenez soin de communiquer sur vos blocages et sur vos besoins. Il faut réussir à se remettre sur le même tempo afin qu’il n’y en ait pas un qui se sente forcé et l’autre constamment rejeté. D’où l’importance de la notion d’intimité. Il peut y avoir de la séduction et de la tendresse sans rapport sexuel à proprement parler. 

En tout cas, chacun doit faire son choix en toute lucidité car sinon l’ambiance du couple risque fort de tourner à des règlements de comptes de plus en plus fréquents. Ces crises répétées sont néfastes non seulement à l’équilibre affectif mais aussi à l’équilibre psychique de chacun. 

Un couple peut tout à faire fait vivre longtemps en harmonie même avec des aventures extra-conjugales plus ou moins dissimulées alors que des disputes et des critiques répétées nuisent à l’épanouissement de la relation. 

Notre libido, cette grande paresseuse 

Après une longue période d’abstinence il est parfois compliqué de remettre le désir en route. N’hésitez pas, dans ce cas, à programmer un séjour en amoureux, loin de toute contingence familiale et matérielle, pour retrouver la fougue d’antan. 

Les couples de personnes âgées ont aussi tendance à ne plus faire beaucoup l’amour. Encore une fois, cela n’a rien d’inquiétant si la tendresse est toujours là. Néanmoins, il est préférable de savoir continuer à se donner du plaisir, même si les caresses prendront petit à petit le pas sur le coït. Mesdames, sachez que le clitoris fonctionne jusqu’à notre mort, vous auriez tort de ne pas en profiter ! 

Brigitte Lahaie

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