En quoi consiste le tantra ? La réponse de Brigitte Lahaie

Le tantra nous vient d’Orient. Cette philosophie permet à ses disciples de s’élever spirituellement, souvent même dans l’abstinence. L’interprétation occidentale en a fait une pratique censée développer une sexualité plus riche ou sacrée.

La question de la semaine par Brigitte Lahaie
Toutes les réponses à vos questions les plus (p)osées.

Le tao, assez proche du tantra, me semble une bonne manière d’envisager la sexualité du couple. En y mettant justement la spiritualité - qui élève l’humain - tout en restant dans la matière.

 

Le tao, apprendre à mieux utiliser son énergie sexuelle

Le tao est une philosophie du juste milieu. Ainsi la sexualité est la rencontre des extrêmes, du féminin et du masculin, du sexe et du coeur. Le souffle est l’un des points clés de cette pratique. Du premier souffle jusqu’au dernier, l’individu qui respire en conscience est éveillé. Apprendre à respirer est sans doute la première leçon. Pour mieux respirer, il est nécessaire de visualiser une colonne d’air partant du bas du corps, au niveau du coccyx, pour remonter jusqu’au sommet du crâne.

Accéder à une sexualité sacrée

Cette école de la sexualité sacrée permet de découvrir à quel point la sexualité épanouit et ouvre aux autres. Durant les premiers temps, surtout au moment de l’adolescence, l’être humain a une avidité primaire puis ensuite une sexualité plus consommatrice. En pratiquant le tao, il pourra aboutir à la sexualité qui relie.

Voici par exemple quelques exercices tantriques :

- restez face à face, nus (ou très peu habillés) et posez une main sur le coeur et l’autre sur le sexe de votre partenaire;
- observez-vous yeux dans les yeux;
- observez vos émotions, vos gênes, vos sensations;
- ensuite mettez-vous dos à dos et dites des mots, tous les mots qui vous passent par la tête;
- laissez votre partenaire vous entendre. Si vous du mal à parler, essayez de comprendre pourquoi, essayez au moins de parler mentalement ou alors récitez un texte connu;
- à tour de rôle, parlez d’un livre, d’un film, de quelque chose que vous avez aimé, de l’un de vos rêves. L’autre doit juste vous écouter.

Cet exercice d'apparence simple est en fait difficile parce qu’il vous demande d’offrir vraiment à l’autre votre intimité profonde sans avoir peur du jugement. Vous constaterez à quel point il est plus compliqué de se livrer vraiment que de faire l’amour.

Massez-vous !

L’un masse les pieds, l’autre le dos. Lorsque vous serez plus avancés, vous pourrez tenter un massage sexuel qui n’a rien à voir avec des caresses. Ce massage tantrique permet de se régénérer, de ressentir l’amour véritable avec son corps et son âme. Il débloque les noeuds émotionnels. Ressentez bien vos blocages. Pendant ces moments, les partenaires doivent apprendre à écouter le désir de l’autre et à l’accueillir. Dans cette ambiance, les partenaires se ressourcent mutuellement et le couple s’épanouit totalement.

Le lâcher-prise, la clé de voûte du tantra

Le tao et le tantra insistent sur le lâcher-prise, indispensable à un véritable épanouissement total de notre être. Cela ne consiste pas à se montrer indifférent mais à accepter que l’on ne puisse vivre et agir à la place d’un autre. Le lâcher-prise n’a voir avec la passivité mais avec la neutralité (pas de jugement) et l’instant présent (aucun regret du passé et pas de projection dans l’avenir). Il élimine les peurs et permet d’aimer plus. La peur est d’ailleurs l’un des plus grands obstacles à la sexualité.

- Peur de son propre plaisir.
- Peur de réagir comme une bête, trop fort.
- Peur de ce que l’autre pourrait penser.
- Peur de nos propres pulsions.
- Peur de perdre le contrôle.
- Peur de l’autre sexe.

Ces peurs induisent des conduites contradictoires, freinent nos envies. Chez la femme cela peut se traduire par une certaine frigidité et une passivité excessive. Chez l’homme, par une rigidité dans les gestes, une impuissance ou des éjaculations rapides.

L’énergie sexuelle permet de rester en bonne santé et je ne peux que vous encourager à explorer le tantra.

Brigitte Lahaie