Législatives : autopsie d’un premier tour avec Guillaume Bernard

Retour sur le premier tour des élections législatives, et notamment sur le résultat « des » droites en France. Pour en parler, Guillaume Bernard, politologue et historien du droit, enseignant à l'ICES, était l'invité d'André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio.

Guillaume Bernard
Guillaume Bernard, politologue et historien du droit, enseignant à l'ICES, invité d'André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états"

Le premier tour des élections législatives s’est achevé. Focus sur la prestation "des" droites à cette occasion. Pour en parler, André Bercoff recevait Guillaume Bernard, politologue et historien du droit, enseignant à l'ICES, et théoricien de "l’unité des droites" sur Sud Radio. Une union qui est encore loin de voir le jour, au regard des résultats du scrutin et du climat politique français actuellement.

Une recomposition de la droite par la base ?

L’union des droites, au sens des alliances entre appareils, n’arrivera sans doute jamais, explique Guillaume Bernard sur Sud Radio. "Pour des raisons historiques, idéologiques", lance-t-il… En revanche, précise-t-il, il milite activement pour "l’unité de la droite", c’est-à-dire "la recomposition du spectre politique sur la droite par la convergence, l’association de personnalités qui pensent de la même manière mais qui pour des raisons personnelles ont été amenées à appartenir à des partis différents".

Guillaume Bernard ajoute que ce qu’a réussi à faire Jean-Luc Mélenchon avec la gauche ne sera jamais possible si la "droite reste dans la situation actuelle, c’est-à-dire des boutiques, des partis, des organisations qui sont différentes. Il faut qu’il y ait une recomposition, mais par la base, par des personnalités au niveau local et sûrement pas par des alliances d’appareils qui n’auront jamais lieu à l’avenir".

 

Législatives : de quoi l’abstention est-elle le nom

Ce premier tour des élections législatives a été marqué par un fort taux d’abstention. "Il y a tout d’abord une abstention structurelle. Tous les politologues le savent. Il y a un certain nombre de personnes qui ne vont pas voter car elles ne peuvent pas voter. Cela représente 10% de l’abstention. Après, il y a tous ceux qui considèrent que la présidentielle a plié le match. Et puis, il y a une défiance vis-à-vis des partis politiques", précise le politologue.

Outre cette crise de la représentation politique, Guillaume Bernard pointe du doigt une crise de régime. "Cette crise est sous-jacente. Elle pourrait arriver un jour", explique-t-il, rappelant la naissance et l’émergence, par la base, du mouvement des Gilets jaunes. Un mouvement précise-t-il, né de la France profonde, hors de tout parti politique. De quoi entraîner de sacrés changements au niveau du paysage politique, ou du moins dans les résultats des scrutins…

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.