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L'éducation à la sexualité "fait plus de mal que de bien"

Par Adélaïde Motte

Education à la sexualité : André Bercoff en parle avec Sophie Audugué et Marie-Estelle Dupont sur Sud Radio le 31 janvier.

sexualité
Sophie Audugé et Marie-Estelle Dupont invitées d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Sophie Audugé, déléguée générale de SOS Education, et Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, auteur de Être parents en temps de crise - Comment restaurer l'équilibre psychique de nos enfants, éd. Guy Trédaniel, alertent sur les dangers de l'éducation à la sexualité dans le Face-à-Face d'André Bercoff.

"On est dans une société qui nie la différence d'âge"

Sophie Audugé, déléguée générale de SOS Education, explique que, face aux premiers signalements de parents inquiets que les sujets sexuels soient abordés en classe, l'association a d'abord pensé à des erreurs, des faits divers. "Dans les années qui ont suivi on a eu une atmosphère, on a eu de plus en plus de sollicitations, des conséquences à ces 'cours'. On s'est rendu compte qu'on recevait de plus en plus d'appels par semaine." "On écrit à Pap N'Diaye plusieurs cas concrets. Aucune réponse."

"On n'est pas dans la moraline, nous ce qu'on demande c'est que l'école ne fasse pas trois transgressions majeures", explique Sophie Audugué, qui dénonce le "franchissement d'une frontière générationnelle", qu'on "mêle la sphère de l'intime et la sphère de publique" et enfin que l'école "va présenter des idéologies comme des vérités". Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne, renchérit : "l'enfant n'est pas un adulte, le développement se fait avec plusieurs stades. On a compilé énormément de connaissances. Le cerveau est immature jusqu'à 25 ans, l'enfant prépubère est immature pour une sexualité d'adulte. Le problème aujourd'hui c'est qu'on est dans une société qui nie la différence d'âge."

L'éducation à la sexualité "pré-traumatise" les enfants

"Si on sexualise les enfants on crée une confusion dans cette frontière qui doit être absolument indéfectible entre les générations." Or, cette différence est justement ce qui lui permet d'intégrer l'interdit de l'inceste. "C'est à l'adulte de protéger l'enfant. Si au lieu de faire les apprentissages fondamentaux on l'oriente sur autre chose, les apprentissages fondamentaux il ne les rattrapera pas." Pour Sophie Audugué, l'éducation à la sexualité n'a rien à faire en primaire, mais les parents doivent être accueillis, "former les parents à ce qu'ils doivent faire, produire des guides, les recevoir, qu'est-ce que c'est que la puberté aujourd'hui, la puberté précoce." "Il faut que chacun retrouve sa place, je rêve d'un monde où l'enfant est à sa place." "Notre rôle d'adulte, ajoute Marie-Estelle Dupont, c'est de présenter la réalité à l'enfant au fur et à mesure de ses capacités d'assimilation."

D'autant que l'objectif derrière cette éducation de la sexualité n'est absolument pas rempli. "On voudrait que des enfants soient autorisés à révéler des abus, mais personne n'est là pour les recevoir, que toute la classe aille voir le lieu où il y a quelqu'un qui est là pour accueillir leur parole. En faisant ça on fait plus de mal que de bien, on commence à voir une génération qui rejette la sexualité." Marie-Estelle Dupont invite ainsi les parents à lire La confusion des langues. Sandor Ferenczi y "dit bien que l'adulte joue sur une confusion du langage, il va parler un langage érotique là où un enfant va parler un langage de la tendresse. On vit son corps en étant dédoublé de l'extérieur, on va expulser ce stress et cette angoisse en répétant. Ils ont besoin de s'identifier au bourreau, expulser le stress dans la cour de l'école et dans les toilettes, on les pré-traumatise."

"Pas de ça en primaire"

"Avoir un sexe n'implique pas d'avoir une sexualité, le développement de l'enfant n'est pas lié à la présence sur son corps de l'organe." Il n'est donc pas nécessaire d'éduquer tôt à la sexualité, et cela peut être dramatique. "Quand on dit quelque chose à un enfant qu'il ne peut pas élaborer psychiquement, soit il va faire des cauchemars, soit il va arrêter de dormir." "On a des centaines, des milliers de pages qui ont dit comment il fallait parler de sexualité aux enfants, on fait croire aux parents que leurs enfants doivent être sexualisés très tôt. Pas de ça en primaire."

S'il est possible que "aujourd'hui les parents ne soient plus en capacité d'assumer ce rôle parce qu'ils ont perdu le sens des interdits", en revanche, "ce qui n'a pas changé c'est le développement de l'enfant, un enfant de moins de 12 ans croit sur parole. Les enfants ils voient le réel, ils voient la différence entre une fille et un garçon." "Entre 6 et 11 ans il y a ce qu'on appelle la période de latence, tout d'un coup les impulsions physiques et motrices se détournent pour aller vers les apprentissages." Le rôle des adultes est alors de ne pas exciter mais de nourrir. "Parfois les parents font le boulot à la maison mais après à l'école il y a une effraction."

  

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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