Giorgia Meloni a évolué "dans un parti post-fasciste"

Quel avenir pour l’Italie, l’Europe et les relations franco-italiennes sous la gouvernance de Giorgia Meloni ? Réponse avec Christophe Bouillaud et Marie d’Armagnac, invités d'André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio, le mardi 27 septembre 2022.

Marie d'Armagnac et Christophe Bouillaud
Christophe Bouillaud et Marie d’Armagnac, invités d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

La nouvelle Première ministre italienne semble faire peur à l’Europe entière. Neo-fasciste, conservatrice, comparée à Mussolini ici et là, la nouvelle cheffe du gouvernement italien suscite la crainte et la méfiance. Mais qui est-elle vraiment ? Une autobiographie à paraître pourrait nous en dire d’avantage. On en parle avec André Bercoff sur Sud Radio.

Giorgia Meloni : "Une personnalité très secrète"

"C’est la première fois qu’elle se raconte". Ce sont en ces mots que Marie d’Armagnac, journaliste indépendante et auteure de la préface de l’autobiographie de la nouvelle Première ministre italienne, décrit l’ouvrage à paraître sur Giorgia Meloni. "C’est une personnalité très secrète, très pudique, qui se dévoile très rarement. Là, elle se dévoile, elle raconte son enfance. On voit ce qui l’a formé, quelle est sa personnalité, ce qui l’a faite", explique la journaliste sur Sud Radio.

"C’est une enfant qui a grandi sans père. Il est parti quand elle était très jeune. Sa mère avait deux petites filles à élever. Et elle a eu l’exemple de cette mère qui n’est jamais tombée, qui a assumé. Elle a grandi dans un quartier populaire de Rome. Elle est éminemment romaine. À quinze ans, elle franchit la porte du mouvement social italien, après la vague d’assassinats de juges antimafia", ajoute Marie d’Armagnac.

"En Italie, il n’y a pas de cordon sanitaire idéologique"

"Quand le MSI a évolué vers l’Alliance nationale, et qu’il s’est démarqué du fascisme historique des années 30, Giorgia Meloni a suivi", précise la journaliste. "C’est un débat très français. En Italie, il n’y a pas de cordon sanitaire idéologique. La preuve, elle arrive au pouvoir. Dans son itinéraire personnel de formation, elle avoue avoir été très marquée par la lecture des conservateurs britanniques. Elle a évolué dans un parti post-fasciste", lance Marie d’Armagnac.

Pour Christophe Bouillaud, cette victoire spectaculaire de l'Union des droites en Italie, Giorgia Meloni à sa tête, "traduit une tendance de long terme". "Tous les partis au pouvoir en Italie depuis les années 90 connaissent inévitablement une déroute après leur passage au pouvoir. C’est une victoire du seul parti qui a su rester à l’opposition depuis 2018. C’est l’atout maître, ce qui a permis ensuite au sein de la coalition de droite, de dire aux électeurs qu’il n’y avait plus qu’un parti pour incarner l’opposition", conclut ce spécialiste de l'Italie.

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