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François Pupponi : "Depuis vingt ans le Parti socialiste ne réfléchit plus"

François Pupponi, maire de Sarcelles et ancien député du Val-d’Oise, était l'invité de "Bercoff dans tous ses états" le 20 avril 2023 sur Sud Radio.

François Pupponi
François Pupponi, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

François Pupponi est auteur du livre La gauche en perdition - LFI, EELV, NUPES... La grande dérive (Éditions du Cerf).

 

François Pupponi : "François Mitterrand a compris que pour gagner, il fallait s’allier à la gauche"

"La gauche qui m’a bercé, à laquelle j’ai adhéré, ce n’était pas une gauche radicale. Mais après le congrès d’Épinay, François Mitterrand a compris que pour gagner, il fallait s’allier à la gauche radicale. La gauche radicale de l’époque, c’étaient les communistes. Mais toute la stratégie de Mitterrand en 1969-1971 était de dire : 'on va prendre le leadership, s’associer au Parti communiste'. Et c’est cette gauche sociale-démocrate qui allait s’émanciper, s’épanouir et qui serait le leader de la gauche. Et c’est ce qu’a réussi François Mittérand. Mais les trotskistes avaient déjà pris le pouvoir au sein de la gauche. Il y avait donc un double vers dans le fruit. Et ça finit toujours comme ça a fini aujourd’hui", a déploré François Pupponi.

"Vous ne gagnez pas le pouvoir si vous ne pouvez pas faire de concessions"

Peut-on attribuer la faute de la situation actuelle à François Mittérrand ? "Ce n’est pas que François Mittérrand a laissé faire, il était une bête politique, il avait été élu et réélu, il était pragmatique. Il savait bien que cette gauche sociale-démocrate seule ne pouvait pas y arriver et qu’il avait besoin de tout le monde. Mais lui étant tellement le plus fort, il a joué avec ça. Les autres après lui, en revanche, n’ont pas su gérer le vers dans le fruit, et le fruit a pourri.

Bien entendu qu’il a fait des concessions, qu’il a fait des choix, qu’il savait qu’il y avait des risques, mais que c’était la condition sine qua none de gagner. Avant le congrès d’Épinay, le PS n’existait pas. Rappelez-vous, deux ans avant, il y avait une élection présidentielle : le PS n’y existait presque pas. Et dix ans après Épinay, Mitterrand gagne la présidentielle. Vous ne gagnez pas le pouvoir si vous ne pouvez pas faire de concessions et vous associer à d’autres gens", a expliqué François Pupponi.

"Il y avait une vraie réflexion sur la société, que le Parti socialiste n’a plus aujourd’hui"

Pour François Pupponi, c’est le manque d’idées qui a tué le Parti socialiste. "Ce qui fait qu’on en soit arrivé là, c’est la paupérisation du personnel politique au Parti socialiste. Quand j’étais jeune, j’ai eu la chance d’écouter Jean-Pierre Chevènement un dimanche. Et quand vous allez écouter Jean-Pierre Chevènement, le soir vous ressortez plus intelligent que vous n’étiez arrivé le matin. Pareil avec Dominique Strauss-Kahn. C’étaient des gens qui étaient d’un niveau supérieur, qui avaient de vraies idées. C’était des hommes d’État.

Ensuite, petit à petit, les socialistes ont gagné beaucoup d’élections locales, et les élus socialistes sont restés dans leurs municipalités. Et Solférino a été pris en mains par les apparatchiks. La lubie, c’était de trouver un poste, un mandat, ne pas travailler. Depuis vingt ans, le Parti socialiste ne réfléchit plus. Jospin avait introduit les 35 heures, les emplois jeunes… Vous pouvez être pour ou contre, mais il y avait une vraie réflexion sur la société, que le Parti socialiste n’a plus aujourd’hui."

 

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Retrouvez “Le face à face” d'André Bercoff chaque jour à 12h30 dans "André Bercoff dans tous ses états" Sud Radio.

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