Alain de Benoist : "Aujourd’hui, les incultes sont au sommet"

Le débat d’idée est-il mort ? Où sont passés les intellectuels ? Pour en parler, Alain de Benoist, journaliste, essayiste et philosophe, auteur de "L’exil intérieur : carnet intime" aux éditions Crisis, est l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio.

Alain de Benoist
Alain de Benoist, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio

Que sont devenus les débats d’idées ? Peut-on aujourd’hui débattre sur les idées, malgré des positions opposées ? Pour le journaliste et philosophe Alain de Benoist, il est difficile aujourd’hui de débattre. La société française est devenue inculte, et envahie par la haine de l’autre.

Alain de Benoist : "On ne peut pas faire l’économie des idées"

"Non pas que les idées mènent le monde, mais on ne peut pas en faire l’économie. Car si l’on n’est pas structuré idéologiquement, finalement ce que l’on entreprend n’ira pas bien loin", explique le journaliste Alain de Benoist sur Sud Radio. Journaliste, essayiste et philosophe, ce dernier vient de publier L’exil intérieur : carnet intime, aux éditions Crisis. Une sorte de testament spirituel d’un intellectuel de droite, ainsi que les clairs-obscurs d’une âme qu’il soumet au lecteur.

Intellectuel de droite, mais qui ne reconnaît plus trop la pensée de la gauche et de la droite d’aujourd’hui. "J’admets parfaitement l’idée que des gens soient des extrémistes crispés sur des positions poussées à l’extrême, et que la fin justifie les moyens. Le problème c’est qu’aujourd’hui, le débat est empoisonné par des procès d’intention. Aujourd’hui, on veut vous persuader que vous êtes autre chose que ce que vous dites", explique-t-il au micro d’André Bercoff.

 

Quand l’inculture devient dominante

De fait, pour Alain de Benoist, la société est de plus en plus radicalisée, envahie par la haine, et assez inculte. "Il y a toujours eu des gens incultes, le problème c’est qu’aujourd’hui, ils sont au sommet. L’inculture devient à la fois dominante, car bien représentée à la tête des institutions, et vertueuse car les gens éprouvent le besoin d’être du bon côté, du côté de l’empire du bien. Et de diaboliser leurs adversaires. On est dans une représentation quasi-religieuse. C’est la raison pour laquelle il n’y a plus vraiment de véritable débat", lance-t-il sur Sud Radio.

Alain de Benoist cite Albert Camus dans son dernier livre. "Une nation ne doit pas oublier les raisons qu’elle peut avoir de s’estimer elle-même. Il est dangereux de lui demander de s’estimer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle". Le journaliste estime que la France est en "pleine repentance". "On a l’air de découvrir que l’Histoire est tragique. Au lieu de dire, j’assume tout, on bat sa coulpe. Nous allons, non pas vers l’examen de conscience qui est très belle, ni vers l’autocritique, mais vers la négation de soi", conclut-il, peu optimiste.

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