single.php

Logement : le député Rodrigo Arenas appelle les habitants à témoigner en vidéo

INTERVIEW SUD RADIO - Les logements insalubres, mal isolés ou inadaptés aux vagues de chaleur sont au cœur d'une nouvelle initiative portée par le député La France insoumise de Paris, Rodrigo Arenas. L'élu vient de lancer une plateforme permettant aux habitants de témoigner directement de leurs conditions de vie.

Logement : le député Rodrigo Arenas appelle les habitants à témoigner en vidéo
500.000 ménages en Île-de-France attendent un logement social. © AFP

Baptisé SOSlogement.fr, le site invite les locataires et propriétaires à publier des vidéos montrant l'état de leur logement. L'objectif affiché est de documenter des situations jugées trop souvent ignorées par les bailleurs ou les pouvoirs publics, alors que les épisodes de canicule mettent en lumière les conséquences du changement climatique sur l'habitat.

"Mon rôle, c'est de visibiliser ce qui paraît invisible"

Donner la parole à ceux qui vivent au quotidien dans des logements dégradés. C'est l'ambition de Rodrigo Arenas, député La France insoumise de Paris, qui vient de mettre en ligne une plateforme participative destinée à recueillir les témoignages des habitants confrontés à des problèmes d'habitat. Qu'il s'agisse d'humidité, de moisissures, de défauts d'isolation, d'absence de volets ou encore de surchauffe lors des épisodes caniculaires, chacun peut désormais publier une vidéo afin de documenter sa situation.

Pour l'élu, cette démarche répond à un constat fait au fil de son engagement local, notamment sur les questions du logement social. "Dans beaucoup de situations, les habitants, notamment chez les bailleurs sociaux, m'expliquent que quand ils écrivent aux bailleurs, soit, comme disait Coluche, on leur explique comment se passer de ce dont ils ont besoin, ou alors, il y a une minimisation des situations dramatiques dans lesquelles vivent des habitants, notamment des familles avec enfants", déplore Rodrigo Arenas au micro de Sud Radio.

"Et donc je me suis rendu compte que c'est quelque chose de systémique, ce n'est pas quelque chose qui est conjoncturel, c'est pas quelque chose qui est ponctuel. Parfois, ça concerne un ensemble de bâtiments, tout un quartier dans lequel le bailleur fait peu ou mal son travail et qui met concrètement les habitants dans des situations inextricables. Et là, c'est le pot de fer contre le pot de terre. Donc, à partir de là, mon rôle, c'est de visibiliser ce qui pour eux paraît invisible, parce qu'ils disent : 'Estimez-vous heureux d'avoir un appartement'. Donc, mon objet, c'est de visibiliser tout simplement à travers un site Internet, qui n'est pas un site de propagande, qui n'est pas un site partisan. Juste, les personnes qui le souhaitent peuvent faire une vidéo de leur situation, et la mettre très facilement en visibilité. Et tout le monde peut voir l'état du bâti dans lequel habitent ces habitants", fait savoir Rodrigo Arenas à l'antenne de Sud Radio.

"Continuer à construire et rénover comme on le faisait dans les années 1980, 1990, 2000… ça a vécu !"

Au-delà de Paris, Rodrigo Arenas souhaite faire de cette plateforme un outil national. Selon lui, les difficultés rencontrées par les habitants dépassent largement les frontières de la capitale et traduisent une crise plus profonde du logement et de l'adaptation des villes au réchauffement climatique. "Ce n'est pas qu'un problème parisien : n'importe quelle personne qui habite dans les grandes villes de France a vécu une situation dramatique. Si ce n'est lui, c'est quelqu'un qu'il connaît ou sa famille ou quelqu'un de proche. Donc aujourd'hui, la question, c'est : 'est-ce qu'on accepte la radicalité des choses ?' La radicalité, ce n'est pas un gros mot. C'est juste se dire que continuer à construire et rénover comme on le faisait dans les années 1980, 1990, 2000… eh ben, ça a vécu. Il faut résolument prendre un autre chemin", poursuit Rodrigo Arenas au micro de Sud Radio.

La récente succession d'épisodes caniculaires constitue, selon le député, un révélateur des failles du parc immobilier. Les logements mal protégés contre la chaleur deviennent difficilement habitables, tandis que certaines écoles ont dû adapter leur fonctionnement face aux températures extrêmes. Rodrigo Arenas estime que cette situation découle d'un manque d'anticipation des politiques publiques.

"J'avais proposé de permettre d'occuper les espaces qui sont réfrigérés. Je pensais notamment à tous les lieux saints, - les églises etc., qui sont les lieux réfrigérés, - de permettre cet accueil-là. Et la réponse qu'il m'avait apportée à l'époque, qui m'avait profondément choqué, qui m'avait valu une réaction d'ailleurs assez virulente, il m'a dit : 'Allez voir sur Paris.fr, parce que tout est là'. Je le prends au mot puisque sur Paris.fr, maintenant, il y a SOSlogement.fr. C'est-à-dire que cette invisibilisation, une sorte d'institutionnalisation de la souffrance des habitants, aujourd'hui, il convient de la mettre en œuvre par eux-mêmes, parce que les gens sont à bout. La canicule a révélé cela : le manque de volets, le manque d'occultants, les écoles dont certaines ont dû fermer parce que c'était insupportable de faire classe pendant la canicule… Toutes ces situations sont systémiques. Elles sont systémiques parce que nous avons aujourd'hui une capitale qui, depuis des années, ne prend pas en compte le changement climatique", a fait savoir Rodrigo Arenas à l'antenne de Sud Radio.

"Il y a des pays qui ont pris la mesure du changement climatique"

"Il y a des pays qui l'ont fait. Vous avez par exemple la Hollande, qui a investi des milliards et des milliards d'euros pour permettre de lutter ou de s'adapter à la hausse du niveau des mers. Vous avez la Chine aussi, qui a planté des arbres de façon massive, notamment dans le désert de Gobi pour préserver la capitale. Mais ça, c'est des politiques qu'ils mènent depuis 50 ans. Et nous, on est à la rue là-dessus. On n'a pas pris la mesure de ce changement qui était annoncé et qui aujourd'hui arrive et que les locataires se prennent de plein fouet", poursuit l'élu.
Pour le député, l'adaptation des villes passe également par une transformation profonde de l'espace urbain, afin de limiter les îlots de chaleur et d'améliorer le cadre de vie. "Vous savez, j'ai fait un calcul, qui va paraître utopique, mais à Paris, il faut un arrondissement d'arbres ! C'est ça, la situation. Je ne dis pas qu'il faut sacrifier un arrondissement. Je dis qu'en termes globaux, il faut qu'il y ait autant de végétation, autant d'arbres, autant de place à la nature pour faire en sorte qu'on puisse sortir respirer
", fait savoir Rodrigo Arenas.

Avec SOSlogement.fr, Rodrigo Arenas entend ainsi transformer des situations individuelles en un état des lieux collectif. En rassemblant des centaines de témoignages vidéo, le député espère documenter les difficultés rencontrées par les habitants, alimenter le débat public sur le logement et peser sur les futures politiques d'adaptation des bâtiments aux défis climatiques.

Retrouvez "Le fait du jour" chaque jour à 10 heures avec Anthony Martins Misse

Cliquez ici pour écouter "Le fait du jour"

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
Revenir
au direct

À Suivre
/