Les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires", rappelle jeudi la Fondation pour le logement des défavorisés dans un rapport qui dresse un bilan des données disponibles.
Une combinaison de facteurs explique cette vulnérabilité, en premier lieu un urbanisme "propice au phénomène des îlots de chaleur urbains", avec l'emploi de matériaux qui exacerbent la chaleur comme le béton et l'asphalte, et peu d'espaces verts.
A titre individuel, les habitants des quartiers populaires présentent également un risque plus élevé d'être en mauvaise santé et disposent d'un plus faible niveau de revenus, ce qui fait qu'ils sont "moins en capacité d'acheter des équipements performants pour refroidir leur logement", note le rapport.
A cela s'ajoute la configuration des appartements, souvent plus petits, avec un taux de suroccupation "trois fois plus élevé qu'ailleurs, davantage de nuisances sonores rendant difficile l'aération la nuit, plus de locataires, donc une moindre capacité à engager des travaux".
Selon Eurostat, les plus pauvres sont "deux fois plus touchés" par la précarité énergétique que les plus riches, tandis qu'"un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs et peut se transformer en véritable bouilloire", selon une étude de Pouget Consultants.
"Nous rencontrons beaucoup de femmes et d'hommes avec des problèmes de santé, qui s'aggravent avec la canicule. Leur appartement, qui se transforme en étuve, ne les protège pas et peut même aggraver la situation", souligne Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement, cité dans le rapport, pour qui les "politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre".
Fin mai, la Fondation avait annoncé qu'elle rejoignait le recours d'associations et de citoyens sinistrés contre l'Etat pour l'obliger à renforcer ses mesures d'adaptation au changement climatique, estimant que les mal-logés sont abandonnés face à ces risques.
Parmi les revendications, elle demande l'augmentation du "fonds vert" qui accompagne les collectivités dans leurs projets de transformation écologique, au départ de 2,5 milliards d'euros et aujourd'hui réduit à moins de 840 millions.
Elle réclame aussi de mettre à l'agenda la proposition de loi transpartisane "Zéro logement bouilloire" et de lancer des plans "grand chaud", à l'instar des plans "grand froid", en ouvrant des places d'hébergement et en renforçant les maraudes.
L'Organisation mondiale de la santé recommande une température intérieure maximum de 28-30°C le jour et de 26°C la nuit.
En 2025, 5.700 personnes sont mortes à cause de la chaleur en France, selon Santé Publique France.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP