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Présidentielle : comment la revenante Ségolène Royal est revenue dans le jeu

ÉCLAIRAGE SUD RADIO - À 73 ans, l'ancienne finaliste de la Présidentielle 2007 se lance dans la course à la primaire de la gauche pour 2027. Enchaînant les plateaux et les formules choc, elle est de retour au premier plan mise sur l'expérience et son slogan de « l'ordre juste » pour se démarquer de ses quatre concurrents.

Ségolène Royal
(Photo by Magali Cohen / Hans Lucas via AFP)

Députée à trois reprises, quatre fois ministre (Environnement, Enseignement scolaire, Famille…) ou encore présidente de la région Poitou-Charentes durant dix ans, la candidate socialiste historique des années 2000 n’a jamais vraiment quitté la vie politique. Mais après plusieurs échecs électoraux et tentatives de retours, la finaliste de la Présidentielle de 2007 semble enfin prête à revenir au tout premier plan.

Depuis ce second tour face à Nicolas Sarkozy, sa trajectoire a surtout été marquée par une série de retours avortés sans succès : une candidature manquée à la tête du PS en 2008, une primaire socialiste en 2011 conclue à moins de 7 %, des sénatoriales perdues en 2021 pour les Français de l'étranger. Reléguée au rang de figure du passé ces dernières années, elle a occupé, après son poste de ministre de l’Environnement en 2017, le rôle d’ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique puis de présidente de l'association France-Algérie jusqu’en décembre dernier.

Un profil qui a plu en interne

Interrogée sur Sud Radio début juillet sur ses intentions en vue de 2027, Ségolène Royal cultivait un certain flou sur son avenir : « Pour 2027, je consulte, je réfléchis. Si je peux être utile, pourquoi pas. » Une prudence qu'elle justifiait en expliquant respecter l'engagement de ceux qui se lancent en politique, tout en jugeant que « la multiplication des candidatures n'est pas ce qu'attendent les Français ». Une prudence de façade puisqu’elle décide de se lancer officiellement dans la primaire une semaine plus tard, tout en tenant à expliquer qu’elle n’avait « rien à prouver ».

Mais sa candidature a visiblement plu en interne, et l'idée a fait son chemin dans l'esprit de l'ancienne compagne de François Hollande. L’ex-candidate du PS se félicitait d’avoir « gardé beaucoup d’amitiés au sein du PS » au moment d’annoncer avoir obtenu les parrainages nécessaires pour participer à la primaire, elle-même surprise qu’ils arrivent « si vite ». Pour autant, elle semble sûre de ses forces. La candidate, interrogée par Paul Larrouturou, martèle qu’elle « va gagner la primaire », tout en ajoutant qu’il n’était pas question d’une union avec les macronistes au lendemain de l’élection.

Une popularité portée par les jeunes

Et à en croire les sondages, son retour semble porter ses fruits. Selon le baromètre IFOP-Fiducial de septembre 2026 réalisé pour Sud Radio et Paris Match, Ségolène Royal se classe 8ᵉ des personnalités préférées des Français, avec 44 % de bonnes opinions, en progression d'un point depuis juillet, juste derrière un certain François Hollande. À noter tout de même que sa cote grimpe à 51 % chez les moins de 35 ans, contre 42 % au-delà, un paradoxe pour une candidate qui joue précisément la carte de l'expérience face à une génération plus jeune.

Un renouveau pour la doyenne de la primaire

À 73 ans, Ségolène Royal est non seulement la seule femme mais également la doyenne de la primaire, loin ses concurrents masculins : Olivier Faure (58 ans), Jérôme Guedj (54 ans), Emmanuel Maurel (53 ans) et Raphaël Glucksmann (46 ans).

Deux facteurs qu’elle a choisi de faire un argument plutôt qu'un handicap. Sur Sud Radio, elle expliquait « que le temps des femmes est peut-être venu », tout en souhaitant replacer « la place du féminin dans l’exercice du pouvoir » qu'elle juge marqué par « la violence, la cruauté et l'absence de bienveillance ».

Pas la langue dans sa poche

Sur son âge, elle anticipait déjà les critiques : « Je comprends qu'une nouvelle génération puisse se dire qu'elle ne veut pas repartir avec ceux qui ont déjà mené une campagne présidentielle. Mais les Français ont aussi besoin de personnes expérimentées ».

C'est en suivant cette ligne qu'elle s'est récemment illustrée en qualifiant Raphaël Glucksmann, de « stagiaire en politique ». Des propos lui ayant valu un rappel à l'ordre de la commission d'organisation de la primaire, elle-même tenue par des « soutiens de Raphaël Glucksmann » selon elle. Insuffisant pour calmer la femme de 73 ans qui a affirmé que « 90 % des internautes pensent » qu’elle a raison.

Deux priorités : « l'ordre juste » et l'urgence climatique

Sur le fond, Ségolène Royal remet au goût du jour le concept qui avait structuré sa campagne de 2007, celui de « l’ordre juste », auquel elle ajoute désormais le slogan « la France tranquille ». Sur les retraites, elle refuse tout nouvel effort demandé aux pensionnés et estime que le débat ne doit pas reprendre « tant que la question du retour de l’ISF n’est pas posée ». Elle défend également un « référendum d’initiative partagée » pour trancher la question des retraites. 

Cette exigence de fermeté se traduit aussi par une proposition de généraliser la vidéosurveillance dans les crèches, les écoles, les activités périscolaires et les Ehpad, afin de prévenir les violences contre les enfants et les personnes âgées. Sur le climat, elle s’appuie sur son expérience au ministère de l’Écologie pour défendre une réindustrialisation liée aux investissements de la transition climatique, même si le chiffrage de ses propositions n’aurait pas évolué au même rythme que son discours depuis 2007.

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