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98 % de ralentisseurs illégaux : Thierry Modolo dénonce une tentative de « sécuriser l'illégalité »

Par La rédaction

Il y a un an exactement le Conseil d’État avait reconnu la non-conformité de 98 % des ralentisseurs en France sauf qu’une « clarification réglementaire » pourrait bientôt les rendre légaux. L’association pour une mobilité sereine et durable a donc déposé une plainte pénale visant 152 maires du Var sur 153 pour manquement à leurs obligations réglementaires de « devoir de conseil et de refus »

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Un ralentisseur

Invité de Sud Radio ce samedi 7 novembre, Thierry Modolo, fondateur de l'association Pour une mobilité sereine et durable s’est donc exprimé sur ce sujet des ralentisseurs et ces plaintes pénales contre 152 maires du Var. Il estime que ces aménagements pénalisent l'ensemble des usagers de la route. « On adore emmerder les automobilistes, mais en fait, le problème, c'est que ça impacte tout le monde », dénonce-t-il. Il cite notamment les deux-roues, les transporteurs, les chauffeurs de bus et les véhicules de secours.

Des décès liés au surplus de ralentisseurs ?

Le fondateur de l'association alerte particulièrement sur les conséquences pour les interventions d'urgence. « On ralentit tellement le trafic et tellement les véhicules de secours d'urgence, comme le SAMU, les pompiers, etc., qu'on en arrive aujourd'hui à avoir des gens qui sont dans un état dramatique, voire c'est trop tard, ils sont décédés, et tout ça à cause des ralentisseurs », affirme-t-il.

Il évoque ainsi une « perte de chance », une expression notamment employée par les pompiers pour dénoncer les retards dans la prise en charge des victimes.

Une plainte pénale contre 152 maires du Var

Face à cette situation, l'association a décidé de passer à l'action sur le terrain judiciaire. Thierry Modolo annonce une plainte pénale contre 152 maires du Var, sur les 153 communes du département. Une seule commune échappe à cette procédure : Sanary. 

« Depuis 2005, donc ça fait 21 ans, il n'y a pas un seul ralentisseur dans cette commune. Ils ont tous été enlevés pour être en conformité avec la loi », explique-t-il. Et il affirme qu’« il n'y a pas un seul accident supplémentaire et pas un seul accident que l'on peut attribuer à l'absence des ralentisseurs, de source mairie et police nationale. »

Il cite également Solliès-Pont, où « 80 à 90 % des ralentisseurs ont été enlevés ». Là encore, il assure qu'aucune hausse de l'accidentologie n'a été constatée, selon les informations communiquées par la mairie.

Le gouvernement accusé de vouloir légaliser les installations non conformes

Thierry Modolo affirme avoir découvert un projet de modification de la réglementation porté par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et transmis à la Commission européenne pour validation.

Selon lui, le gouvernement chercherait à régulariser les ralentisseurs qui ne respectent pas les règles actuelles, plutôt qu'à imposer leur suppression. « On va sécuriser l'illégalité pour éviter aux copains élus locaux d'être emmerdés par une association qui a mis le doigt sur un scandale d'État », accuse-t-il.

Il dénonce également les conséquences financières d'une éventuelle mise en conformité. Le retrait des ralentisseurs concernés représenterait entre 4 et 7 milliards d'euros, selon les estimations évoquées pendant l'émission.

De nouveaux recours devant le Conseil d'État

L'association ne compte pas en rester là. Thierry Modolo annonce vouloir élargir sa plainte aux cabinets de conseil et aux entreprises de travaux publics. Il leur reproche de ne pas avoir respecté leurs obligations professionnelles et de ne pas avoir refusé la réalisation de certains aménagements non conformes.

En parallèle, un nouveau recours devant le Conseil d'État est en préparation pour contester le projet de modification réglementaire. « Il n'est pas question qu'un ministre comme ça puisse s'arranger avec ses petits copains et dire : ça fait 15 ans qu'on fait de la merde, 15 ans qu'on détruit les routes de France, à partir de maintenant, écoutez, on passe l'éponge », conclut-il.

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