L'irrésistible ascension de Jordan Bardella
Si le 1er tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, Jordan Bardella caracolerait en tête avec des scores oscillant entre 36% et 37% selon les différentes configurations du Baromètre de l'élection présidentielle IFOP-FIDUCIAL de juin 2026. Sa dynamique est claire : il gagne deux points par rapport au mois de mai 2026 dans l'hypothèse où il affronterait un bloc central divisé entre Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Même face à une candidature unique de la droite et du centre, le président du RN maintient son hégémonie. À titre de comparaison, Marine Le Pen, testée comme alternative et qui sera fixée sur son sort le 7 juillet dans l'affaire des parlementaires européens du FN, recueille 32% des intentions de vote face à Édouard Philippe ou Gabriel Attal, soit un score solide mais inférieur de quatre à cinq points à celui de son successeur à la tête du parti.
Un fauteuil pour deux au centre : avantage Édouard Philippe
Dans le camp de la majorité sortante, le "match" entre les deux anciens Premiers ministres tourne pour l'instant à l'avantage du maire du Havre. Dans un scénario où les deux se présenteraient, Édouard Philippe obtiendrait 14% contre seulement 8% pour Gabriel Attal. Cette division affaiblirait considérablement le bloc central.
En revanche, lorsqu'ils font cavalier seul, les chiffres progressent :
- Édouard Philippe seul candidat du bloc central atteint 19% à 20%
- Gabriel Attal, en l'absence de Philippe, plafonne à 15%
Édouard Philippe semble donc disposer d'une base électorale plus large, progressant même de deux points en un mois dans certaines configurations (de 18% en mai à 20% en juin 2026 face à Marine Le Pen).
Mélenchon plafonne, Glucksmann fait mieux que Hollande
À gauche, la situation reste fragmentée. Jean-Luc Mélenchon fait preuve de stabilité, oscillant entre 12% et 15% selon les scénarios. Il reste le leader naturel de la gauche radicale, mais ne parvient pas à créer une dynamique de rassemblement au-delà de son socle.
Face à lui, Raphaël Glucksmann incarne l'alternative d'une gauche hors LFI unie. Seul, il est crédité de 9% à 11% des voix. Dans l'hypothèse d'une candidature d'union de la gauche (sans les Insoumis), il recueille 11% des intentions de vote, faisant légèrement mieux que François Hollande (9%) dans une configuration similaire. Glucksmann semble toutefois subir la concurrence d'Édouard Philippe, ses scores baissant légèrement lorsque ce dernier se renforce.
Retailleau, Zemmour et Lisnard hors-jeu
Le reste de l'échiquier politique peine à exister. Bruno Retailleau, pour Les Républicains, oscille entre 8% et 11%, ne parvenant pas à s'immiscer dans le trio de tête. Éric Zemmour, quant à lui, stabilise son électorat entre 4% et 6%. Enfin, d'autres personnalités comme David Lisnard (2%) ou les candidats écologistes et communistes restent pour l'heure à des niveaux très bas.
Méthodologie : Enquête réalisée par l'Ifop du 22 au 24 juin 2026 auprès d'un échantillon de 1 415 personnes inscrites sur les listes électorales. Les marges d'erreur sont d'environ 2,5 points pour un résultat de 50% sur cet échantillon.