La généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants, quels que soient leurs revenus, est entrée en vigueur lundi dans les restaurants universitaires, qui se préparent à une augmentation de la fréquentation pour la rentrée de septembre.
"Il y a une vraie incertitude sur le nombre de demandes supplémentaires qu'on va avoir", a admis le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, lors d'une visite d'un Crous à Amiens.
"On ne veut pas mettre en danger les personnels des restaurants universitaires en les faisant surtravailler", ni "dégrader la qualité des repas", "on est vigilant là-dessus", a-t-il ajouté, promettant 120 millions d'euros pour cette mesure en 2027.
Depuis lundi, tous les étudiants, quels que soient leurs revenus, peuvent déjeuner un plat principal, une entrée et un dessert pour un euro dans les restaurants gérés par les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous).
Un tarif qui existait déjà pour les étudiants boursiers et en difficulté financière. Les autres payaient jusqu'à présent 3,30 euros.
"Je vais 20 fois par mois ici. Ca fait 60 euros environ. Alors que là, je vais payer 20 euros. Donc ça fait 40 euros en moins, pour sortir, pour aller au restaurant", a témoigné au Crous de Paris "la Halle aux farines" auprès de l'AFPTV Alexandre Ioannides, étudiant en double licence, âgé de 18 ans.
Pour 2026, 50 millions d'euros sont alloués, pour compenser le manque à gagner - le coût réel d'un repas est d'environ 8 à 9 euros -, recruter 200 agents et investir dans le matériel de restauration.
Mais les organisations étudiantes, qui ont milité pour cette mesure afin de lutter contre la précarité étudiante, déplorent une enveloppe insuffisante.
"Ce sous-financement se répercutera sur les conditions de travail des personnels du réseau des œuvres, et sur les étudiants, qui ne pourront pas forcément accéder au repas à un euro, faute de structures nécessaires, faute de personnels nécessaires, faute de moyens nécessaires", a dénoncé lundi l'Unef dans un communiqué.
Des étudiants font la queue dans un restaurant universitaire du Crous à Talence, en Gironde, le 24 avril 2026
Christophe ARCHAMBAULT - AFP/Archives
Pour Thierry Bégué, directeur général du Crous de Paris, "le véritable sujet, ce sont les files d'attente".
"On va massifier le recours à Izly (application de paiement pour les étudiants), quatre fois plus rapide qu'en carte bancaire", a-t-il assuré.
Selon lui, le Crous de Paris sert 3,5 millions de repas par an et pourrait désormais en vendre 300.000 à 500.00 de plus.
AFP / Amiens (France) (AFP) / © 2026 AFP