Souhaitée par Emmanuel Macron et annoncée début juillet par le Ministère de l'Education Nationale, l'interdiction des téléphones portables dans les lycées pourra être effective dès la rentrée scolaire. C'est ce qu'a assuré ce lundi 24 août la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l'issue du Conseil des ministres, peu avant que le Chef de l'Etat ne promulgue le texte législatif encadrant l'usage numérique. Une annonce qui a surpris tout son monde et pris de court le monde enseignant alors que plusieurs problèmes techniques subsistent.
Une modification des règlements intérieurs qui prendra du temps
« Il y a des difficultés techniques qui sont notamment liées au calendrier, souligne Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Education Nationale (SNPDEN), au micro de Jean-François Achilli sur Sud Radio. A ce stade, la loi n'est toujours pas promulguée et il faut rappeler que pour pouvoir mettre en place une règle de cette nature, il faut modifier le règlement intérieur des lycées, ce qui ne se fait pas en claquant des doigts.
Donc il va y avoir quelques jours, quelques semaines, pendant lesquels les établissements vont devoir consulter leurs instances pour modifier ce règlement intérieur. Je ne parle pas de la mise en oeuvre, je parle vraiment de la partie technique, concrète. »
« Encore quelques semaines pour faire ce travail sérieusement »
« Il faudra un tout petit peu de temps, poursuit Bruno Bobkiewicz. Le fait d'avoir reçu une circulaire début juillet alors que tous les personnels et tous les élèves sont partis, n'avait pas beaucoup de sens. Il aurait fallu que cette circulaire arrive au mois de mai, pour qu'on puisse préparer la rentrée sérieusement. Là, c'est arrivé trop tard. Il nous faut donc encore quelques semaines pour qu'on puisse faire ce travail sérieusement. »
« Un décalage de timing »
« Le ministère partage l'idée que c'est arrivé trop tard et l'admet. Maintenant, ça n'exclut pas l'objectif partagé. On va s'y atteler mais il va y avoir un décalage de timing de quelques semaines. D'ici début octobre, il est probable que le sujet puisse être traité avec des instances réunies dans les 4-5 prochaines semaines. »
Vigipirate et zones autorisées
Enfin, ce laps de temps permettra également aux différents lycées de plancher sur les zones qui seront désormais dédiées à l'usage autorisé du portable "parce que si on ne le fait pas, souligne Bruno Bobkiewicz, les élèves vont tous sortir sur le parvis, et on va créer des regroupements qui sont dangereux, notamment en moment où on est en Vigipirate renforcé. Donc il est probable que chaque lycée définisse un endroit, notamment une partie de la cour, où le téléphone sera quand même possible à utiliser."