« J'avais 13-14 ans, le réseau est en bas de la maison, donc c'est toi qui vas les voir, jamais eux qui viennent te chercher » explique Kaïs* avant de justifier son choix par « le manque d’argent. Je n’ai pas de père, ma mère était toute seule. J'ai commencé en tant que guetteur. Et à partir là, ne me parlez plus d'école, ne me parlez plus de travail, ne me parlez plus de rien. J'étais là, assis sur une chaise, je prenais 150 euros par jour. »
"Au bout de deux jours, je me suis retrouvé menotté"
En montant au fur et à mesure dans la hiérarchie, le jeune homme a bien failli perdre la vie. « Un soir, une voiture est passée et on s’est fait rafaler. Mon ami est mort devant moi et moi, je me suis pris une balle dans la jambe. Une semaine après, en béquille, j'étais sur un point de deal. »
À 19 ans, Kaïs a décidé de tourner la page alors qu'il sort tout juste de 8 mois d’incarcération. « Quand je suis sorti de prison, je suis retourné sur un point de deal. Et au bout de deux jours, je me suis retrouvé menotté. Je me suis fait arrêter par la police. C'est ça qui m'a fait me réveiller. »
La cocaïne devient la première drogue en France@PhDavidMtb : "Comment la France, pays le plus gavé d'aides diverses et variées, avec un État plus nounou que partout ailleurs, a pu devenir un pays dans lequel autant de gens ont besoin de se droguer !"
— Sud Radio (@SudRadio) December 10, 2025
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"Sans domicile fixe et sans revenu"
Le seul à lui tendre la main est un médiateur des quartiers nord de Marseille, Mohamed Benmeddour, qui est en grève de la faim pour alerter les pouvoirs publics sur les difficulté rencontrées pour se réinsérer. « Maintenant, il se retrouve sans domicile fixe et sans revenu », explique Benmeddour.
« C'est difficile pour se resserrer parce qu'il n'y a pas de dispositif. Et c'est ce que je demande aujourd'hui : un accompagnement en urgence, comme ça pouvait l'être pour la radicalisation. Il faut le même système, mais pour les jeunes qui veulent sortir du narcotrafic. » La préfecture propose pour l'instant une solution d'hébergement provisoire.
*Nom d’emprunt