Drôle d'époque Éric Revel, parce qu'on ne sait plus si on doit pouvoir ou pas pouvoir travailler le 1er mai. Le gouvernement et cette commission mixte paritaire devait réfléchir pour voir comment certaines professions pouvaient travailler le 1er mai sans être sanctionnées. Boum, on a reporté tout ça à l'année prochaine.
« Oui mais 2027, c'est la présidentielle. Vous avez reporté ça à beaucoup plus tard, voire à jamais. Donc, le gouvernement a commencé par reculer, puis il a capitulé. Au vu de la situation sociale inflammable du fait des coûts exorbitants des carburants, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, n'a pas pris de risque. Il ne veut pas être l'étincelle qui aurait déclenché un possible incendie social dans le pays. Pourtant, tout était prêt pour permettre à certains, ceux qui le veulent, sur la base du volontariat, de travailler le 1er mai.
"Tout a été est balayé"
La loi avait été votée par le Sénat l'année dernière. Elle avait été regardée par l'Assemblée nationale il y a quelques jours, le 10 avril. Ça visait à autoriser le travail salarié, donc le 1er mai, dans certains secteurs.
Les boulangeries, les pâtisseries, les boucheries, les fleuristes, les établissements culturels aussi, théâtre et cinéma. Paf ! Tout ça est balayé. Pourtant, sur la base du volontariat, pourquoi pas ? Libérer le travail dans ce pays, pourquoi pas ? Puis, je rappelle que ceux qui travaillaient ou qui auraient travaillé le 1er mai, ils voyaient leurs rémunérations doubler ce jour-là. Les syndicats ont dit « Niet ! » et tout a été balayé. »
🗣️@ericrevel1 : "73% des Français sont pour travailler le 1er-Mai ! Les syndicats sont contre, mais ils ne représentent que 7% des salariés du privé... C'est ça, la démocratie sociale ?!" #GrandMatin
— Sud Radio (@SudRadio) April 14, 2026
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"Ils craignent une dérégulation totale"
Oui, parce qu'ils craignent, ça on peut peut-être comprendre, un effet d'entraînement à l'ensemble des secteurs et d'économie.
« Alors, d'abord, les syndicats, parlent de régression sociale, de coups de force. Ils estiment que c'est une atteinte à un symbole fort, des conquêtes ouvrières, comme on dit dans les syndicats, la journée du travail, la journée du 1er mai. Et puis, sans doute l'argument le plus fort, le plus entendable, c'est qu'ils craignent une dérégulation totale.
Si vous ouvrez la porte, j'allais dire, aux boulangeries, aux pâtissiers, aux boucheries, le 1er mai, est-ce que, dans la foulée, travailler le 1er mai, ça ne s'étendrait pas à la plupart des secteurs, comme les supermarchés, les livraisons ? Bon, ils craignent une banalisation du travail du 1er mai. Il n'y aura pas, le gouvernement a reculé, a capitulé. »
"Est-ce qu'on va comprendre que notre pays s'appauvrit ?"
Travailler plus pour gagner plus, sur la base du volontariat. Il faut que ce soit sur la base du volontariat et pas un volontariat imposé aussi.
« Oui, d'accord, mais dans ce pays, le nôtre, je vais vous le dire comme je le pense, il faut libérer le travail. On cherche de la croissance, plus de croissance, c'est plus d'emplois, plus de richesses. Est-ce qu'on va comprendre que notre pays s'appauvrit en ce moment ? Alors, on a suspendu la réforme des retraites, je vous le rappelle. Chez LFI, vous vous en souvenez, il y a quelques jours, certains députés voulaient accroître le nombre de jours fériés.
"On est tombé sur la tête"
Ils voulaient accroître le nombre de jours fériés. Alors que la plupart des pays travaillent plus, nous on veut travailler encore moins. Bon, on est tombé sur la tête, notre productivité stagne, notre modèle social est par terre financièrement. Et on ne voudrait pas laisser travailler ceux qui le souhaitent.
C'est pas seulement une drôle d'époque, c'est un suicide économique. Puis deux chiffres pour terminer quand même, pour vous dire dans quelle démocratie on vit aujourd'hui. Je regardais le sondage sur Travailler le 1er mai, 73% des français sont pour. Les syndicats sont contre. Et ils représentent quoi les syndicats ? 7 à 8% des salariés du secteur privé. C'est ça la démocratie sociale en France. »
Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.