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L'école, angle mort de la Présidentielle ? Les Français réclament un choc éducatif

Selon un sondage IFOP pour la fondation Excellence Ruralités publié ce 31 août, l'Éducation s'impose comme une préoccupation quasi unanime des Français, qui estiment pourtant qu'elle reste absente des débats. Un paradoxe qui s'accompagne d'un constat sévère : la promesse de l'égalité des chances par l'école ne convainc plus qu'un Français sur deux.

À l'approche de l'élection présidentielle, un sujet fédère les Français bien au-delà des clivages partisans : l'école. D'après une étude IFOP menée fin juillet pour la fondation Excellence Ruralités auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 personnes et dévoilée ce lundi 31 août, 88 % des sondés jugent que l'Éducation doit devenir un chantier prioritaire du prochain président de la République. Un chiffre qui grimpe encore chez les plus de 50 ans et les cadres supérieurs, où il dépasse les 90 %.

Un sujet oublié des débats

Paradoxe révélé par l'enquête : ce consensus ne trouve pas d'écho dans l'actualité politique. Trois Français sur quatre (75 %) estiment que les enjeux éducatifs ne sont pas suffisamment présents dans le débat public national. Le sentiment est particulièrement vif chez les seniors de 65 ans et plus (84 %), mais touche aussi une large majorité des moins de 35 ans (62 %), preuve que l'impression de délaissement traverse les générations.

La promesse de l'égalité des chances vacille

Autre enseignement marquant : la confiance dans la capacité de l'école à corriger les inégalités sociales s'effrite. Si 52 % des personnes interrogées pensent que l'égalité des chances par l'école reste possible, seules 11 % en sont pleinement convaincues. À l'inverse, 47 % estiment qu'elle n'est plus au rendez-vous.

Le clivage est net selon l'âge et la situation sociale : les 25-35 ans (63 %) et les sympathisants de la majorité présidentielle (74 %) restent les plus confiants, tandis que les plus de 65 ans, les catégories populaires (55 %) et les personnes sans emploi (56 %) se montrent les plus critiques.

Sur les causes de cette panne de l'ascenseur scolaire, les Français divergent selon leurs sensibilités. Trois explications arrivent à égalité : la baisse du niveau (43 %), le manque de moyens (42 %) et le manque de soutien aux professeurs face aux élèves perturbateurs (42 %). « Sur les causes, chacun lit l'école avec ses lunettes », résume Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d'entreprise de l'IFOP, qui note que les plus de 65 ans pointent avant tout un problème d'autorité (63 %, contre 28 % chez les moins de 35 ans), quand les sympathisants de gauche privilégient l'explication budgétaire (58 %).

Fondamentaux et classes allégées : les deux réformes plébiscitées

Interrogés sur les leviers à activer, les sondés convergent vers deux priorités. Recentrer les programmes du primaire sur les savoirs fondamentaux arrive en tête, avec 48 % de soutien (56 % chez les seniors), suivi de près par la réduction du nombre d'élèves par classe, plébiscitée par 47 % des Français et par 59 % des sympathisants de gauche.

Pour Jean-Baptiste Nouailhac, fondateur et directeur général d'Excellence Ruralités, ces résultats dessinent une urgence politique : « Les Français constatent avec lucidité que notre système éducatif nécessite des réformes d'ampleur pour remplir sa mission première [...] là où une personne sur deux ne croit plus en sa capacité à faire mentir le déterminisme social », affirme-t-il, appelant à replacer l'école « au cœur des programmes politiques ».

Vers une carte scolaire prioritaire repensée

Dernier volet de l'étude, et non des moindres : une large majorité de Français souhaite revoir les critères d'attribution de l'éducation prioritaire. Aujourd'hui concentrés sur les quartiers de la politique de la ville (QPV), ces moyens devraient, selon 76 % des sondés, être redéployés vers l'ensemble des établissements en difficulté scolaire — une évolution qui permettrait d'inclure les bourgs et territoires ruraux jusqu'ici tenus à l'écart de ces dispositifs.

Enquête réalisée par l'IFOP du 29 au 30 juillet 2026 auprès d'un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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