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"L’Abandon" : comment est né le film événement sur Samuel Paty, présenté à Cannes

Ce mercredi marque déjà le premier temps fort du Festival de Cannes avec la projection hors compétition de L'Abandon, le film événement qui revient sur les onze derniers jours de Samuel Paty, le professeur d’histoire géographie assassiné le 16 octobre 2020, et éclaire sur l’engrenage tragique qui a conduit à son assassinat.

Samuel Paty
Samuel Paty (AFP)

Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026, L’Abandon, réalisé par Vincent Garenq, s’annonce comme l’un des films les plus commentés de cette édition. Le long métrage retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur d’histoire géographie assassiné le 16 octobre 2020, et s’appuie sur un travail documentaire minutieux, un livre enquête de référence et une collaboration étroite avec la famille du professeur.

La genèse d’un projet tenu secret

L’existence du film n’a été révélée que début mars 2026, au moment où UGC a dévoilé l’affiche et la bande annonce. Le projet avait pourtant été tourné dans le plus grand secret durant l’été 2025, afin de ne pas interférer avec le procès en appel lié à l’assassinat de Samuel Paty.
UGC explique avoir volontairement gardé le silence pour « donner la priorité à la justice » et ne pas parasiter le travail des magistrats. Ce n’est qu’une fois le verdict rendu que le distributeur a officialisé le film, espérant qu’il « prenne le relais pour que l’histoire de Samuel Paty ne tombe pas dans l’oubli ».

Pour Vincent Garenq, connu pour ses films inspirés de faits réels (Présumé coupable, Au nom de ma fille), l’impulsion du projet remonte au choc personnel ressenti à l’annonce de l’assassinat du professeur. Le réalisateur raconte avoir vécu « un effet de sidération », qui l’a poussé à documenter minutieusement les faits, à assister au premier procès en décembre 2024 et à rencontrer la famille, notamment Mickaëlle Paty, la sœur du professeur.

Un film fondé sur le livre de Stéphane Simon

Le scénario s’appuie en grande partie sur l’ouvrage Les Derniers Jours de Samuel Paty, écrit par Stéphane Simon et publié aux éditions Plon. Le livre, qui reconstitue les événements ayant précédé l’assassinat, sert de colonne vertébrale au film. Garenq et son coscénariste Alexis Kebbas ont travaillé « d’après le livre », tout en intégrant des témoignages supplémentaires et la collaboration de Mickaëlle Paty pour restituer au plus juste la personnalité du professeur, son quotidien, ses inquiétudes et son rapport à l’enseignement.

Le film reprend la structure de l'ouvrage de Stéphane Simon : onze jours, pas un de plus. Onze jours où un professeur consciencieux, passionné, se retrouve pris dans une tempête numérique et administrative qu’il ne comprend pas. Onze jours où l’État, l’institution scolaire, les réseaux sociaux et la rumeur se croisent sans jamais se répondre.

Respecter les faits, la chronologie et la mémoire

Garenq revendique une ligne directrice claire : éviter tout sensationnalisme et s’en tenir strictement aux faits. Dans Les Derniers Jours de Samuel Paty de Stéphane Simon, le réalisateur trouve précisément ce qu'il cherchait : un récit qui ne surjoue rien, qui ne dramatise pas, mais qui expose, froidement, la mécanique. Qui raconte aussi l’isolement progressif du professeur, les rumeurs qui enflent, les menaces qui s’accumulent, les défaillances institutionnelles qui s’empilent.

Pour nourrir cette trame, Garencq s’est appuyé sur les documents judiciaires, des témoignages, les audiences auxquelles il a assisté ainsi que les échanges avec la famille Paty. Selon ceux qui ont pu voir ce film avant sa projection aujourd'hui à Cannes, le réalisateur parvient à traiter ce sujet brûlant sans pathos ni outrance, mais avec une sobriété qui renforce son impact.

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