L’espoir d’une désescalade au Moyen-Orient aura été de courte durée. Moins de 24 heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, la situation s’est brutalement détériorée au Liban. Selon les informations communiquées par Israël, près de 100 frappes aériennes ont été menées en l’espace de dix minutes sur le territoire libanais.
« C’est important que je sois là-bas, même si la situation est difficile »
Des frappes avec un bilan particulièrement lourd : entre 200 et 250 morts et plus d’un millier de blessés. Ces bombardements, parmi les plus intenses depuis le début de la guerre, auraient touché de nombreuses infrastructures, aggravant encore la crise humanitaire. Néanmoins, l'armée israélienne a justifié cette attaque en affirmant avoir tué le secrétaire du numéro 1 du Hezbollah, Naïm Qassem, lors d’une frappe à Beyrouth.
En réaction, le Hezbollah affirme avoir ciblé Israël, dénonçant une rupture du cessez-le-feu par l’État hébreu. De leur côté, les Gardiens de la révolution islamique iraniens promettent une riposte « sévère », laissant peu d’espoir à un cessez-le-feu durable. Car, au-delà du Liban, c’est l’ensemble de la région qui semble vaciller. L’Organisation des Nations unies alerte notamment sur un « grave danger » pesant sur le cessez-le-feu.
« Un ami m'a demandé si j'étais sain et sauf »
Malgré le contexte explosif, certains choisissent pourtant de rester. C’est le cas du père Guillaume Bruté de Rémur, actuellement en France pour les fêtes de Pâques, mais déterminé à regagner Beyrouth. « J’ai un travail là-bas. Je suis responsable d’une maison de formation pour l’Église catholique. C’est important, dans ce contexte, qu’on ne s’en aille pas tous », confie-t-il au micro de Sud Radio, soulignant son attachement pour le Liban. « C’est un pied auquel je suis attaché. Il me semble que c’est important que je sois là-bas, même si la situation est difficile ».
« Mes proches sont préoccupés, un ami m’a écrit juste quand les bombes sont tombées sur Beyrouth, en me demandant si j’étais sain et sauf » explique-t-il. Et à ceux qui lui conseillent de ne pas repartir, il répond : « Je te remercie du conseil. Mais, a priori, je retournerai. Après, c’est certain, si la situation devait dégénérer, je réévaluerai ma décision. Mais pour le moment, je pense que c’est important que j’y retourne ».