Depuis ce week-end, le thermomètre grimpe et le corps encaisse. Sans avoir eu le temps de s'y préparer. Une chaleur courante en plein cœur de l'été, mais inhabituelle voire « violente » à certains endroits en France en cette période de l'année... alors que Météo-France annonce ce mardi des températures de 38 à 39°C localement dans les prochains jours.
Dès que la chaleur extérieure dépasse un certain seuil, le corps doit se battre pour maintenir sa température interne à 37 °C, un équilibre vital maintenu grâce à la « thermorégulation » : un système efficace, mais vite saturé. Si le corps humain évacue en temps normal la chaleur par la transpiration, la respiration et la circulation sanguine, lorsque la température extérieure grimpe au delà de 30 °C, ces mécanismes deviennent moins performants. L’air chaud absorbe moins bien la chaleur corporelle, et l’évaporation de la sueur ralentit. Résultat : la température interne commence à monter, ce qui met l’organisme sous tension.
La transpiration coûte cher au corps
Pour se refroidir, première réaction : le corps va augmenter la production de sueur grâce à la transpiration. Un refroidissement qui coûte cher au corps car ce processus a un prix :
- Perte d’eau, pouvant atteindre 1 à 1,5 litre par heure en forte chaleur
- Perte de sels minéraux, essentiels au fonctionnement musculaire et nerveux
- Risque de déshydratation, qui survient bien plus vite qu’on ne le pense
Et quand l’air est humide, la sueur va mal s’évaporer et le corps va chauffer encore plus vite. Le refroidissement échoue et la température interne grimpe.
Le cœur en première ligne
Pour tenter de refroidir la peau, le corps détourne une partie du flux sanguin vers la surface et la peau. Conséquences :
- Accélération du rythme cardiaque, parfois 20 à 30 battements par minute de plus
- Baisse de la pression artérielle, pouvant provoquer vertiges et malaises
- Fatigue accrue, car le cœur travaille plus pour un rendement moindre
Les personnes âgées, les enfants et les malades chroniques sont les plus vulnérables. D'une manière générale, les urgentistes interrogés décrivent des malaises « classiques » de début d’été : vertiges, chutes de tension, fatigue brutale.

Le cerveau, l'organe le plus sensible
Le cerveau tolère très mal les variations de température. Dès 38 °C internes, les premiers symptômes apparaissent :
- Baisse et troubles de la concentration Rralentissement cognitif
- Irritabilité, maux de tête
- Ralentissement cognitif
Au delà, le risque de coup de chaleur devient réel : une urgence vitale pouvant entraîner confusion, convulsions ou perte de connaissance.
Des nuits trop chaudes qui aggravent tout
Le sommeil nécessite une baisse naturelle de la température corporelle. Or, quand il fait chaud et que la température nocturne reste élevée, le corps n’arrive plus à se refroidir. L’endormissement est retardé, le sommeil est fragmenté. Et la fatigue augmente la vulnérabilité à la chaleur le lendemain. Un véritable cercle vicieux.
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— Sud Radio (@SudRadio) May 26, 2026
L'humidité, cet ennemi invisible
Le taux d'humidité lors des fortes chaleurs est un facteur aggravant. À 30 °C par exemple avec 70 % d’humidité dans l'air, le corps ressent en réalité 40 °C. L’humidité empêche en effet l’évaporation de la sueur, ce qui bloque le principal système de refroidissement. C’est pourquoi certaines régions françaises souffrent davantage que d’autres, même à température égale.
La pollution, un facteur aggravant
Dernier facteur aggravant : la pollution. La chaleur favorise en effet la formation d’ozone et de particules irritantes. Un cocktail particulièrement dangereux voire « explosif » en ville puisque le béton renvoie la chaleur et crée des îlots urbains où la température ressentie peut dépasser de 8 à 10 °C la valeur officielle. Conséquences : difficultés ou irritations voire inflammations respiratoires, et aggravation de l’asthme pour les personnes concernées.