Alors que le pays reste coupé d'internet depuis plus de 18 jours, le travail de décompte des morts se poursuit. Si une organisation de défense des droits humains a fait état d'un nouveau bilan de près de 6.000 morts et dit enquêter sur des milliers d'autres possibles décès, la magazine américain Time annonce "jusqu’a 30.000 personnes", abattues de sang froid, avec des armes de guerre.
Cet affreux bilan , rapporté par la publication américaine, donne la mesure de la violence de la répression en Iran et ne concernerait que les seules journées des 8 et 9 janvier, lorsque les forces de sécurité auraient écrasé dans le sang l’une des plus fortes vagues de manifestations.
Une tuerie de masse en réalité de 50.000 morts ?
De leur côté, les autorités iraniennes ont officialisé 3117 morts, dont plus de 2400 tués lors d'"activités terroristes", alors que différentes associations ou ONG estiment que le bilan rapporté par le Time est inférieur à la réalité et que les tueries de masse pourraient s'élever à 50.000 morts.
L'Iran a mis en garde lundi contre une intervention américaine après le récent mouvement de contestation réprimé dans le sang, au moment où les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région, où un porte-avions est arrivé.
Le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés au Moyen-Orient, "pour promouvoir la sécurité et la stabilité régionales", a annoncé lundi le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
L'armada américaine commence à se déployer
"Nous avons une grande armada près de l'Iran. Plus grande qu'au Venezuela", a déclaré le président américain Donald Trump au site Axios, dans une allusion à la capture du chef d'Etat vénézuélien Nicolas Maduro début janvier. Donald Trump avait annoncé dès la semaine dernière l'envoi dans le Golfe d'une telle "armada", maintenant la pression sur Téhéran qu'il a plusieurs fois menacé de frapper.
Mais l'Iran "ne permettra pas qu'une menace à la sécurité nationale (...), même à ses prémices, atteigne le stade de l'action", a martelé lundi un haut responsable militaire iranien cité par la télévision d'Etat.

"L'arrivée d'un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l'Iran"
"L'arrivée d'un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l'Iran" face à la contestation, a lui aussi réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Plutôt qu'agir comme "un moyen de dissuasion", la "concentration et l'accumulation de forces" étrangères "accroîtraient plutôt leur vulnérabilité et en feraient des cibles faciles d’accès", a-t-il averti.
Symbole des tensions, les autorités iraniennes ont déployé dans le centre de Téhéran un immense panneau anti-américain montrant un porte-avions ciblé par des frappes aériennes. "Qui sème le vent récolte la tempête", affirme le slogan traduit en anglais.
(avec l'AFP)