Plus de la moitié des 224 000 personnes évacuées ont pu retrouver leur logement. Ce vendredi, deux nouveaux villages, Biganos et Audenge, ainsi que les campings de Lacanau, sont autorisés à rentrer. L'heure est également aux bilans, et le ministère de l'Intérieur poursuit ses enquêtes.
Les habitants de Biganos, Audenge et les campings de Lacanau autorisés à rentrer
La préfecture de Gironde a autorisé vendredi des milliers de personnes évacuées face à la menace du mégafeu, désormais « contenu », à revenir dans deux nouvelles communes du bassin d'Arcachon, ainsi que dans les campings de Lacanau.
Cette mesure concerne Biganos (plus de 11 000 habitants) et Audenge (près de 10 000 habitants), à l'exception de deux quartiers de cette ville, jugés « trop proches » du foyer encore actif, ainsi que l'ensemble des centres de vacances de Lacanau, plus au nord. Plus de la moitié des 224 000 résidents et touristes délogés à titre préventif depuis le début de l'incendie, le 22 juillet, ont déjà pu rejoindre leurs habitations ou lieux de séjour.
La préfecture précise toutefois que la situation, bien que stable, reste surveillée de près : des secteurs actifs persistent à Claouey, Lanton, Le Porge et Lacanau, et de nouvelles mesures d'évacuation pourraient être décidées si les conditions de sécurité l'exigeaient.
Plus de 308 interpellations
Ce vendredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que 308 personnes avaient été interpellées en lien avec les feux, essentiellement pour des motifs « criminels ». Ces arrestations incluent des incendiaires.
Les contrôles dans les massifs forestiers ont été renforcés, a annoncé le ministre, afin d'interpeller d'éventuels incendiaires.
Des pompiers à bout
Après 9 jours de combat qui se poursuit, les soldats du feu sont à bout. L'heure est bientôt au bilan. Ces derniers ont lutté avec des moyens limités. Des habitants et des agriculteurs ont appelé à désobéir aux ordres venus de Paris et de la préfète de Gironde.
Bruno Lafon, maire sans étiquette de la commune de Biganos, n'a pas hésité à alerter le président français sur l'insuffisance des moyens de prévention et de lutte contre les feux de forêt. « Il faut que nous ayons un pare-feu plus entretenu, plus grand, quitte à perdre 1 000 ou 2 000 hectares. Et par contre on sauve le reste », a insisté l'édile, également dirigeant de l'association de défense des forêts contre l'incendie sur la région Nouvelle-Aquitaine.
Et Bruno Lafon d'en profiter pour dénoncer ce qu'il estime être une déconnexion entre certains hauts fonctionnaires parisiens, les écologistes environnementalistes, et les réalités vécues par les connaisseurs du terrain. « Il faut arrêter de parler. On ne vit plus dans le même monde […] Je ne suis pas Parisien, moi », s'est-il défendu auprès d'Emmanuel Macron. Depuis des années, le maire de Biganos bataille pour offrir plus d'autonomie aux forestiers français et pour alléger les normes environnementales.