Lors du Forum économique mondial de Davos, Donald Trump a affirmé avoir posé les bases d’un futur accord sur le Groenland avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Après plusieurs semaines de tensions autour de son projet d’annexion, le président américain assure désormais vouloir privilégier la négociation, marquant un net recul dans sa stratégie arctique.
Après plusieurs semaines de tensions diplomatiques autour de son projet d’acquisition du Groenland, Donald Trump a annoncé mercredi avoir établi « le cadre d’un futur accord » concernant l’île arctique, à l’issue d’un entretien avec Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, en marge du Forum économique mondial de Davos et de son discours tonitruant dans l'après-midi. Le président américain affirme désormais privilégier la négociation, renonçant explicitement à l’usage de la force pour s’emparer du territoire autonome danois.
Un « Dôme doré » pour protéger
Depuis plusieurs mois, Donald Trump répète que le Groenland constitue un enjeu stratégique majeur pour la sécurité des États-Unis face aux ambitions de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. À Davos, il a de nouveau défendu cette position, évoquant la nécessité pour Washington d’obtenir « un petit bout de banquise en échange de la paix » en Ukraine. Il a assuré vouloir construire « un Dôme doré sans précédent » dans la région, tout en estimant que le Canada « en profiterait largement ».
Selon plusieurs sources proches de la Maison-Blanche, le président américain avait envisagé ces dernières semaines de recourir à la force pour prendre le contrôle de l’île, provoquant l’inquiétude de ses alliés européens. Ses conseillers les plus influents auraient plaidé pour une approche moins agressive, cherchant à la fois à répondre aux exigences du président et à apaiser les tensions diplomatiques croissantes.
🇺🇸🇬🇱 Donald Trump certifie avoir obtenu un accord sur le Groenland. A-t-il gagné?
— Sud Radio (@SudRadio) January 22, 2026
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La Maison-Blanche n’écarte (malgré tout) aucune option
Mercredi, Donald Trump a finalement annoncé qu’il n’utiliserait pas la force pour obtenir le Groenland. « L’ensemble de l’administration suivra son exemple », a confirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, tout en rappelant que « la Maison-Blanche n’écarte aucune option pour le président Trump, à moins que celui-ci ne le fasse lui-même ».
L’accord évoqué par Donald Trump reste pour l’heure très vague. Le président américain a chargé plusieurs hauts responsables d’entamer des discussions sur un « accord potentiel » portant non seulement sur le Groenland, mais aussi sur « l’ensemble de la région arctique ». Aucun calendrier n’a été communiqué.
Un accord flou que rejette le Danemark
Les dirigeants du Groenland et du Danemark ont déjà rejeté à plusieurs reprises les demandes américaines, rappelant que l’avenir du territoire relève exclusivement de leur décision. Ce refus avait conduit Donald Trump à menacer d’imposer, dès le 1er février, des surtaxes douanières de 25 % à huit pays européens opposés à son projet. Une mesure à laquelle il a finalement renoncé.
Une alliance transatlantique sous tension
La volonté américaine d’acquérir le Groenland a ravivé les tensions au sein de l’OTAN, alors que les Européens s’inquiètent d’un possible affaiblissement de l’alliance. Le face-à-face de Davos entre Donald Trump et les dirigeants européens devait initialement porter sur la guerre en Ukraine. Il s’est finalement transformé en un nouvel épisode d’un bras de fer diplomatique autour de l’Arctique.
Si l’annonce d’un accord en préparation marque un recul notable du président américain, les contours de ce projet restent à définir. Les prochaines semaines diront si Washington parvient réellement à ouvrir une voie diplomatique sur un dossier qui, jusqu’ici, n’a cessé de diviser ses alliés.