Le meeting de Jean-Luc Mélenchon a rassemblé 20 000 personnes. Vous y étiez. Est-ce une démonstration de force pour La France insoumise ?
François Piquemal : C'était une réunion publique exceptionnelle autour de notre programme. 20 000 personnes, je pense que peu de candidats, voire aucun, sont capables de mobiliser autant. L'événement a également été reconnu pour sa scénographie et son organisation. C'est une démonstration importante de notre capacité à mobiliser.
🚩 Meeting réussi pour Jean-Luc Mélenchon au Bourget ? #GrandMatinWeekEnd 🗣️ @FraPiquemal : "C'était exceptionnel ! Aucun candidat n'est capable de mobiliser autant, toute la presse est dithyrambique" 📻https://t.co/y4VcQ5aEb1 ☎️0 826 300 300 https://t.co/yX6uvIOa6m
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Jean-Luc Mélenchon a également proposé de remplacer la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » par « Liberté, Égalité, Solidarité ». Pourquoi ce changement ?
C'est un mot que nous voulons mettre en avant parce qu'il transcende le peuple dans son ensemble, quelles que soient les catégories sociales, les origines ou la place de chacun dans le pays. Ce qui manque aujourd'hui, c'est précisément de la solidarité. Les années Macron ont fracturé et divisé le pays. Nous avons pensé que ce mot avait du sens. Il fait également référence à des mouvements historiques, comme Solidarnosc en Pologne.
Vous défendez également le passage à une VIe République. Pourquoi estimez-vous que la Ve République est arrivée au bout de son histoire ?
« Le peuple français ne se reconnaît plus dans les institutions actuelles »
Nous partons d'un constat que chacun peut faire, quel que soit son bord politique : le peuple français ne se reconnaît plus suffisamment dans les institutions actuelles et dans son mode de représentation démocratique. La Ve République a eu son utilité à une époque, mais elle est aujourd'hui dans une impasse.
🚩Mélenchon lancé pour la #Presidentielle2027 #GrandMatinWeekEnd 🗣️ @FraPiquemal : "La 6e République part d'un constat : le peuple français ne se reconnaît plus dans les institutions actuelles. Il y a un problème de légitimité pour les élus" 📻https://t.co/lfwD2irvn6 ☎️0 826 300 300
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On le voit notamment avec la participation aux élections départementales et régionales, qui est passée sous la barre des 30 %. Cela pose un problème de légitimité pour les élus. Ce n'est pas nécessairement leur faute, mais celle du système de représentation. La VIe République doit permettre de construire ensemble un nouveau contrat social et démocratique, dans lequel chacun puisse davantage se reconnaître.
Mais comment faire vivre cette souveraineté populaire lorsque les citoyens ne sont pas d'accord entre eux ?
Il ne s'agit pas de prétendre que tout le monde va être d'accord. Nous sommes en démocratie, nous sommes le peuple français et nous savons très bien que nous n'avons pas tous les mêmes idées. La question est de nous mettre d'accord sur des méthodologies et des modes de décision en commun. C'est précisément l'objectif de la VIe République.
Concrètement, quels dispositifs souhaitez-vous mettre en place ?
Il y a notamment la convention citoyenne, mais aussi le référendum d'initiative citoyenne, le RIC, et la possibilité de révoquer des élus. Si un élu ne remplit pas le programme pour lequel il a été élu ou ne rend pas suffisamment compte de son mandat, il doit pouvoir être destitué dans certaines conditions, notamment à partir d'un nombre déterminé de pétitionnaires et de signatures.
Le référendum d'initiative citoyenne permettrait également aux Français de se prononcer directement sur des questions parfois complexes ou clivantes. C'est aussi cela, la démocratie : permettre à la majorité de décider.
Sur la sécurité, Jean-Luc Mélenchon a été relativement discret lors de son meeting. La question est pourtant centrale pour les Français. Que propose votre programme ?
J'invite tout le monde à lire notre programme, qui comporte précisément 1 069 propositions. Il y a notamment un volet consacré à la sûreté et à la sécurité. Nous voulons le retour de la police de proximité et redonner des moyens à la police judiciaire, qui ont été réduits sous Gérald Darmanin. Je rappelle que celui qui a supprimé le plus de postes de policiers est Nicolas Sarkozy, avec 13 000 postes en moins.
Nous voulons une police au service de la population, avec des effectifs qui protègent les citoyens. Il existe aujourd'hui une défiance qui n'est pas supportable, notamment parce que la police a été instrumentalisée à des fins politiciennes.
🇫🇷 #Présidentielle2027 : Mélenchon fait-il l'impasse sur les questions de sécurité ? #Presidentielle2027 #GrandMatinWeekEnd 🗣️ @FraPiquemal : "Personne n’a détruit autant de postes de policiers que Sarkozy. Nous sommes pour le retour de la police de proximité !" 📻https://t.co/lfwD2irvn6 ☎️0 826 300 300
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« La police doit être au service de la population »
Faut-il pour autant désarmer la police ? Les policiers doivent pouvoir se protéger lorsqu'ils sont attaqués.
La police peut être armée selon les missions. Pour la police municipale, par exemple, nous sommes favorables aux armes de protection, mais pas aux armes létales, c'est-à-dire aux armes qui tuent. Je pense qu'il faut avant tout faire baisser la température dans la société pour qu'aucun policier ni aucun citoyen ne soit attaqué. Le fait de disposer d'une arme létale ne garantit pas qu'un individu renoncera à vous agresser.
La question est donc celle de la prévention, mais aussi de la présence de policiers au service de la population. Nous voulons des armes adaptées aux missions, dans un cadre défini par la loi, et non des policiers surarmés.
Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé les violences policières. Ne pensez-vous pas que ces critiques peuvent être injustes envers des policiers qui travaillent dans des conditions difficiles ?
Nous avons bien conscience des conditions de travail des policiers. Nous proposons notamment de payer leurs heures supplémentaires. Mais il faut aussi regarder ce qui se passe dans les manifestations. Lorsque des jeunes perdent des dents ou des mains alors qu'ils n'ont rien volé et rien cassé, il y a un véritable problème. Ce sont des personnes qui exercent simplement leur droit de manifester.
Je pense notamment à Tony, à Toulouse, dont la mère m'a raconté l'histoire. Il travaille dans la restauration depuis l'âge de 16 ans et a perdu une main. Son avenir personnel et professionnel est brisé. Ce sont des vies brisées.
💥 LFI a-t-elle des difficultés à dénoncer les violences ? #GrandMatinWeekEnd 🗣️ @FraPiquemal : "Il n’y a pas plus de casse qu’avant. Par contre, les policiers ont des armes mutilantes, il y a des vies brisées ! Il y a une doctrine policière autoritaire" 📻https://t.co/lfwD2irvn6 ☎️0 826 300 300
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Vous estimez donc que la doctrine actuelle du maintien de l'ordre est trop répressive ?
« Les manifestations n'ont pas à être réprimées par des armes mutilantes »
Oui. Il y a une doctrine policière autoritaire aujourd'hui en France et je n'ai pas peur de le dire. Les manifestations sont une liberté publique. Quand on répond à la jeunesse de cette manière, avec des armes mutilantes, on crée du rapport de défiance et de conflictualité avec la police. La première réponse à un mouvement social devrait être la négociation et la recherche de sorties politiques, pas la répression.
Mais condamnez-vous les violences des Black Blocs et les dégradations commises pendant les manifestations ?
Mon propos n'est pas d'excuser les destructions ni de dire que casser est une bonne chose. Ce n'est pas mon discours. Je rappelle simplement qu'aujourd'hui, face à un mouvement social de la jeunesse, la réponse apportée est trop souvent celle des armes et de la répression plutôt que celle du dialogue. Il faut regarder les faits et ne pas confondre les manifestants qui exercent une liberté publique avec ceux qui commettent des violences.
Votre projet international repose également sur une volonté de non-alignement. La France peut-elle réellement peser face aux grandes puissances mondiales ?
« La France doit renouer avec la tradition du non-alignement »
La France a su porter une voix singulière dans son histoire. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Charles de Gaulle a défendu une certaine indépendance diplomatique. Cette position a connu une continuité jusqu'en 2003, notamment avec le refus de participer à la guerre en Irak.
Nous pensons qu'il faut retrouver cette tradition du non-alignement et travailler avec les pays qui défendent également cette position. Le Brésil de Lula, par exemple, n'est pas un petit pays. Nous devons construire des alliances sans nous soumettre aux grandes puissances.
🕊️ Comment parvenir à une paix mondiale ? #GrandMatinWeekEnd 🗣️ @FraPiquemal : "Nous devons renouer avec une politique de non-alignement. Aujourd'hui, je crois plus en Lula qu'en Trump" 📻https://t.co/y4VcQ5a6lt ☎️0 826 300 300 https://t.co/ko5STIYW0L
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Mais comment cette politique peut-elle fonctionner face à des régimes autoritaires comme ceux de la Corée du Nord ou de l'Iran ?
Il faut distinguer les différents États et leurs régimes. Nous ne sommes pas favorables à l'ingérence pour changer les régimes des autres pays. Cela ne signifie pas que nous approuvons leurs politiques.
Nous pensons simplement que la France doit retrouver une voix indépendante et défendre une autre vision des relations internationales. Je crois davantage en Lula pour nous aider à faire face à l'extrême droite et au nazisme aujourd'hui qu'en Donald Trump ou en Vladimir Poutine. La France doit avoir l'ambition de porter une alternative sur la scène internationale.