single.php

François de Voyer :"L'écologie a été stérilisée par la gauche et transformée en tabou par la droite"

Par La rédaction

INTERVIEW SUD RADIO - La droite accorde-t-elle encore de l’importance à l’écologie ou est-ce seulement un sujet pour la gauche ? Le journaliste spécialisé François de Voyer livre son éclairage sur Sud Radio.

La droite accorde-t-elle encore de l’importance à l’écologie ou est-ce seulement un sujet pour la gauche ?
L’écologie est-elle seulement un combat de la gauche ? La droite se sent-elle encore concernée ? On en parle avec François de Voyer

L'écologie est-elle de gauche, voire d'extrême gauche ? Depuis plusieurs années, Europe Écologie Les Verts s'en est attribué le monopole, aussi parce que la droite lui a laissé champ libre. C'est sans compter les innombrables lobbies qui exercent souvent une influence ingérable. Pour en parler, François de Voyer, journaliste pour la revue Éléments, était l'invité de Périco Légasse dans la "France dans tous ses états" au micro de Sud Radio.

"On a transformé l'écologie en monstre"

"L'écologie est de droite quand elle protège un héritage et elle est de gauche quand elle combat une prédation, insiste d'emblée François de Voyer. Elle devrait être de gauche et de droite. Elle devrait faire plus qu'aucun autre sujet compromis et consensus. L'ennui, c'est qu'elle a été captée, l'écologie a été capté dans les années 70 par la gauche politique et a été finalement stérilisé, rapetissé et globalisé à la fois. C'est-à-dire qu'on l'a transformé en monstre.

"La droite s'est contentée de gérer les externalités négatives"

"La droite s'est contentée de gérer les externalités négatives, c'est-à-dire qu'on gère les pollutions, les dégâts, et en particulier je pense qu'une planification serait nécessaire si on pense à l'agriculture. On ne pense pas au temps long, on ne pense pas justement à la préservation du patrimoine, des paysages, à la beauté tout simplement, parce que c'est peut-être là la source de toute écologie, c'est la sensibilité littéraire et esthétique à la contemplation de la nature"

"L'emprise de l'homme sur la nature est devenue telle qu'elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même"

"Avant 1974, il existait une écologie politique qui était portée par des hommes de droite, je pense en particulier au discours de Chicago de Georges Pompidou, avec une citation véritablement sublime qui pour moi devrait être le manifeste écologique de l'ensemble des partis politiques en France. L'emprise de l'homme sur la nature est devenue telle qu'elle comporte le risque de destruction de la nature elle-même"

"La droite refuse d'entendre qu'il y a un enjeu climatique"

"La droite refuse d'entendre qu'il y a un enjeu climatique, il y a un enjeu environnemental, il y a un enjeu en termes de biodiversité, de pollution. Cet enjeu est absolument… Il dépasse tous les clivages ! Et face à cet enjeu justement, il y a un déni de la droite qui laisse finalement la nature être mutilée, un déni semblable à celui de la gauche sur les questions migratoires et démographiques. C'est très intéressant de voir que les raisonnements sont les mêmes. Ça s'appelle des tabous. La droite a transformé l'écologie en tabou. Elle ne veut pas s'en occuper, elle ne veut pas en parler, ou alors vraiment de manière très, très accessoire, très superficielle.

"Les agriculteurs sont au bout du rouleau"

"C'est un manque d'ambition absolument effarant face à la crise agricole qui est tragique. On va sans doute connaître la troisième année de déficit ou en tout cas d'angoisse permanente. Là je connais des agriculteurs qui sont au bout du rouleau, et qui là réfléchissent à laisser leur exploitation en friche l'année prochaine, parce que l'inconnu est tel sur le prix des engrais, qu'ils soient phosphatés ou azotés, qu'ils hésitent même à travailler leur terre l'année prochaine"

"En Europe, l'écologie est un combat qui a des allures d'accouplement entre l'homme et la nature"

"Et dire qu'on était le grenier de l'Europe pendant des siècles même, puisque dès le 18ème siècle, c'était la grande puissance française, c'était celle de pouvoir nourrir ses habitants, mais exporter par ailleurs et en faire une richesse. Il y avait d'ailleurs, sur le plan agricole et sur le plan forestier, une gestion de très long terme. Parce qu'en Europe, nous avons une vieille histoire de paysages transformés, apprivoisés par l'homme. En Europe, l'écologie est un combat qui a des allures d'accouplement entre l'homme et la nature. Ce n'est pas du tout le cas de l'autre côté de l'Atlantique. On le voit sur les débats sur les rivières. Les écologistes veulent réguler. On casse les déversoirs, on casse les moulins. Il faut redonner au cours de la rivière son passé naturel tel qu'à l'ère secondaire, c'est-à-dire un petit ruisseau en été, un torrent en hiver"

🌍 Le 15 avril, retrouvez Périco Légasse au Printemps de la planète. Pour en savoir plus, rendez-vous ici : https://www.sudradio.fr/evenement-le-printemps-de-la-planete

L'info en continu
16H
15H
14H
13H
12H
Revenir
au direct

À Suivre
/