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Des manifestants contre la répression en Iran bravent une interdiction de rassemblement à Paris

Des manifestants dénonçant la répression intérieure en Iran se sont rassemblés samedi à Paris en dépit d'une interdiction de manifester confirmée par la justice administrative, a-t-on appris de sources concordantes.

Arnaud FINISTRE - AFP

Des manifestants dénonçant la répression intérieure en Iran se sont rassemblés samedi à Paris en dépit d'une interdiction de manifester confirmée par la justice administrative, a-t-on appris de sources concordantes.

Plusieurs bus sont arrivés dans la matinée place Vauban, à proximité des Invalides, dans le centre de Paris, où devait se tenir la manifestation et 20 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre qui ont effectué des sommations pour que les manifestants se dispersent, a indiqué à l'AFP une source policière.

"Ils ont arrêté une vingtaine de personnes sans raison. Du côté des manifestants, il n’y a pas de violence. La police a dispersé beaucoup de gens et empêchent d'autres de se joindre, beaucoup de gens sont dispersés dans le quartier", a affirmé à l'AFP Afchine Alavi, membre du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), vitrine politique de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK) - considérée comme "terroriste" par Téhéran - qui fait partie des organisateurs.

La police a fait usage de "gaz de poivre" et plusieurs blessés sont à déplorer parmi les manifestants, selon lui.

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026

Arnaud FINISTRE - AFP

A la mi-journée, plusieurs centaines de manifestants étaient éparpillés, scandant des slogans "Ni chah, ni mollah", "A bas la dictature en Iran" ou "French government shame on you" ("Honte à vous, gouvernement français"), agitant des drapeaux jaunes ou brandissant des portraits d'Iraniens exécutés par les autorités de Téhéran, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Nous avions demandé aux manifestants de ne pas venir et d'attendre le résultat de l'appel que nous avons déposé en urgence. Mais on ne peut pas contrôler tout le monde et des bus sont arrivés", a indiqué Afchine Alavi.

La manifestation, programmée samedi à 14H00, était organisée par le collectif Voix d'Iran, formé pour l'occasion et comprenant des associations de la diaspora iranienne et des ONG françaises et internationales. Parmi elles, le CNRI mais aussi l'Association des femmes iraniennes en France ou encore le Comité de soutien aux droits humains en Iran (CSDHI). Les organisateurs espéraient la participation de 100.000 personnes.

Samedi matin, le tribunal administratif de Paris a confirmé l'interdiction de la manifestation prononcée la veille par la préfecture de police.

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026

Manifestation non autorisée en soutien à l'opposition iranienne, près de la place Vauban, à Paris, le 20 juin 2026

Arnaud FINISTRE - AFP

Celle-ci mettait en avant le "contexte national et international particulièrement tendu" et le "risque sérieux qu'à l'occasion de cette manifestation aient lieu des affrontements entre des militants aux opinions antagonistes de nature à troubler gravement l'ordre public".

S'appuyant sur les arguments avancés par la préfecture de police, notamment dans une note des services de renseignement, le tribunal administratif considère que "des éléments relatifs aux menaces visant directement la manifestation projetée, dans les circonstances particulières de l'espèce, sont de nature à caractériser un risque de troubles graves à l'ordre public", selon l'ordonnance consultée par l'AFP.

Dénonçant une interdiction décrétée "au dernier moment", les avocats des organisateurs Vincent Brengarth et William Bourdon ont indiqué à la mi-journée à l'AFP que le Conseil d'Etat, qu'ils avaient saisi en appel, avait rejeté leur requête.

"L'absence d’audience devant le Conseil d’État, en dépit de l'atteinte portée à la liberté de manifester et des très lourdes conséquences de cette interdiction, finit de prolonger une situation d’arbitraire", ont-ils dénoncé.

burs-mra/sva/frd/

AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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