single.php

Soprano : « La scène, c’est l’amour de ma vie »

Par Marius Louis-François

INTERVIEW SUD RADIO - Invité du Grand Matin de Sud Radio ce vendredi 20 juin, Soprano a évoqué son nouvel album Karaoké, son rapport au public et sa vision de la musique. Malgré une carrière jalonnée de succès, l'artiste marseillais reste animé par la même passion : la scène.

Invité au micro de Maxime Lledo dans Grand Matin Week-end pour évoquer son nouvel album Karaoké, Soprano, se confie sur son stress qui n'a jamais complètement disparu. Outre la sortie de son album, pour lui, le véritable enjeu reste le live. « Moi, j’ai plus de stress quand je monte sur scène, par exemple, je dis souvent que je fais de la musique pour ça. C’est l’histoire de ma vie, c’est l’amour de ma vie, c’est la scène. »

Cette passion influence même sa manière d'aborder ses nouvelles chansons. Là où certains artistes s'interrogent sur l'accueil du public ou les performances commerciales, Soprano se pose désormais une autre question. « Quand je sors un nouveau morceau aujourd’hui, c’est plus est-ce que les gens vont s’amuser avec, plus que est-ce que les gens vont aimer. » Son objectif est clair : voir ses morceaux vivre auprès du public, en concert comme dans la vie quotidienne. « L’important maintenant, aujourd’hui, c’est vraiment est-ce que les gens vont pouvoir s’amuser avec, que ce soit en famille ou en concert, en soirée, entre amis, de les voir danser. »

L’adrénaline du direct et l’imprévu des concerts

Cette place particulière accordée à la scène s'explique aussi par tout ce qui la rend imprévisible. Au micro de Sud Radio, l'artiste raconte combien chaque concert est différent et combien l'incertitude fait partie intégrante du spectacle. « En concert, tout peut arriver », rappelle-t-il, avant d'énumérer les situations auxquelles il a déjà dû faire face : « Il peut arriver des trucs extraordinaires, par exemple, coupure de courant en plein milieu d’une chanson, il peut arriver une alarme, il peut arriver qu’il y ait des évanouissements, il peut arriver qu’un danseur se casse la jambe, il peut arriver qu’il y ait du matériel qui ne marche pas pendant une scénographie précise. »

Loin de l'effrayer, cette dimension nourrit aussi son exigence. « Je veux tellement bien donner, j’essaie d’être concentré et aussi en harmonie avec tout ce qui va se passer dans la soirée pour pouvoir mieux gérer tout imprévu. » Une façon de rappeler que le spectacle vivant reste, selon lui, l'endroit où l'émotion est la plus authentique.

Le Vélodrome, le moment où tout a basculé

Parmi les souvenirs qui ont marqué sa carrière, Soprano revient longuement sur son premier concert au stade Vélodrome de Marseille. Un moment qui a provoqué chez lui une véritable prise de conscience. « Mon premier stade Vélodrome, il s’est passé quelque chose de précis à la troisième chanson », raconte-t-il. Concentré sur sa performance, il enchaîne les premiers morceaux avant qu'un détail ne le fasse basculer.

« D’un coup il y a la lumière qui s’allume dans le stade et je vois les gens et je fais "oh", et là je n’ai plus les mots. » Face à cette foule immense, il réalise soudainement l'ampleur du chemin parcouru. « C’était un truc où je me suis dit mais quel cadeau, quel truc extraordinaire, c’est incroyable, il y a eu un déclic dans ma vie à ce moment précis. »

Au-delà de l'image spectaculaire d'un stade rempli, c'est la matérialisation du lien avec son public qui le bouleverse encore aujourd'hui. « J’ai regardé et j’ai dit mais cette personne écoute ma musique, cette personne connaît ma musique. » Lui qui écrivait ses textes adolescent dans sa chambre mesure alors ce que ces chansons sont devenues. « Toutes ces chansons je les ai écrites dans mon carnet dans ma chambre quand j’étais adolescent. »

Refuser la répétition et chercher sans cesse de nouveaux horizons

Neuf albums après ses débuts, Soprano continue d'aborder chaque projet comme un terrain d'expérimentation. L'artiste revendique même une règle qu'il s'impose depuis longtemps. « Chaque chanson doit totalement être différente. » Pour lui, chaque morceau possède sa propre identité. « Une de mes chansons, c’est un bébé, il est différent, c’est mon bébé. »

Cette philosophie l'empêche de reproduire des recettes qui ont pourtant déjà fonctionné. « Je ne pourrais pas faire justement Hero 2, il sera toujours différent. » Au contraire, il cherche constamment à explorer de nouvelles directions musicales, quitte à sortir de sa zone de confort. « Ça a toujours été ma direction, de pouvoir montrer que je peux faire plusieurs styles et même dans l’inspiration, ça m’inspire plus de partir dans un terrain inconnu. »

Cette curiosité permanente nourrit également les références qui traversent son travail. Au cours de l'entretien, il cite aussi bien Diana Ross que Bruno Mars, The Weeknd, Michael Jackson, Daniel Balavoine ou encore Eminem, revendiquant une culture musicale sans frontières.

Rester ouvert pour continuer à avancer

À 46 ans, Soprano continue également d'observer avec attention ce qui émerge dans le paysage musical français. Là encore, il refuse de s'enfermer dans la nostalgie. « J’écoute tout le monde. J’écoute tout, nouveautés, même des morceaux un peu de niche, les jeunes artistes, que ce soit dans le rap très dur ou dans la variété, dans la nouvelle pop. »

Cette ouverture est, selon lui, une nécessité pour tout artiste. « Ça me nourrit beaucoup. » S'il reconnaît son attachement au passé, il estime que regarder uniquement derrière soi peut devenir un piège. « La nostalgie, moi, j’aime beaucoup ça. Mais pour un artiste, ça peut l’enfermer. Le temps, lui, ne s’arrête pas à la nostalgie. »

Pour continuer à évoluer, il défend donc une forme de curiosité permanente. « Je pense qu’il faut s’accrocher au temps et écouter tout ce qui se fait pour pouvoir continuer à tourner avec le temps sans perdre cette nostalgie. » Une manière de résumer une carrière construite sur l'envie d'avancer, sans jamais cesser d'apprendre.

L'info en continu
19H
18H
17H
15H
14H
13H
12H
10H
Revenir
au direct

À Suivre
/