Le mouvement prend de l’ampleur. À Fos-sur-Mer, les marins-pêcheurs sont de sortie ce 15 septembre 2026. Objectif ? Dénoncer le lent naufrage de leur profession, face aux prix grimpants du gasoil et à la complexification des normes. Un autre blocage pétrolier est en cours à Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales.
Les pêcheurs sortent du silence
Ils sont à bout. Asphyxiés par les prix du gasoil, les pêcheurs sont en grève depuis hier. Marins et patrons de pêche avancent main dans la main, abandonnant la mer pour la bonne cause. D’habitude silencieux, le secteur espère obtenir des réponses à leur « coup de gueule ».
⚡️ À Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), des dizaines de pêcheurs bloquent actuellement un dépôt pétrolier pour protester contre la hausse des prix du carburant. Des tensions ont éclaté avec les CRS déployés sur place. #canal16 pic.twitter.com/mj9cbMwwFQ
— franceinfo (@franceinfo) September 15, 2026
À Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales, les petits bateaux de pêche ont pris position pour bloquer l'entrée du port. Avec un gasoil à « 1,30 ou 1,60 euros, les bateaux ne sont déjà plus rentables. Si ça augmente encore un peu, on va tous rester à marée, ça c'est sûr et certain », déplore Manu Martinez est le responsable des pêcheurs de Port Vendre et Saint-Cyprien , au micro de Sud Radio.
Des conditions de travail toujours plus complexes
L'empilement des normes et des charges pèse aussi lourdement sur ces pêcheurs qui pratiquent une « pêche écoresponsable : on a des filets maillants avec des mailles particulières et on sélectionne le poisson manuellement. On ne peut pas faire mieux », constate Miquel Sirges, jeune pêcheur. Déjà fastidieux, si le prix des matières principales augmente, « il va y avoir de moins en moins de personnes qui vont avoir envie de se lancer, c'est sûr et certain. »
D’autres comme Frédéric Fontanet pratiquent la pêche au thon rouge. Un métier niche, d’autant plus mis à mal : « On n'a même plus de réponse. On dirait qu'il n'y a plus personne dans les bureaux. On est dans l'urgence et personne ne nous entend. » Le défi est de taille pour les jeunes générations.