Dans une enquête de la répression des fraudes, la DGCCRF épingle des pratiques abusives dans le secteur des pompes funèbres. Dévoilés ce 27 octobre 2026, les résultats dévoilent des anomalies et pratiques trompeuses. Un professionnel sur deux « a fait l'objet de mesures correctives et répressives » . Un bilan 2024-2025 que détaille Alice Vilcot, porte-parole de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), au micro de Sud Radio.
Des centaines d'euros escroqués à des familles endeuillées,
Déjà conséquentes, les conclusions ne concernent pourtant que 10 % des opérateurs funéraires (environ de 550 professionnels) contrôlés. Le secteur échappe trop souvent à la vigilance des citoyens endeuillés. Et c’est bien le problème structurel de ce marché : le client est vulnérable. On ne compare pas les prix quand on perd un proche et ce sont, tous les jours, environ 1800 Français confrontés au deuil.
Malgré la peine, il faut organiser ces enterrements ou incinérations qui coûtent entre 4 et 5000 euros. La duperie, bien menée, devient alors très vite rentable car si le chiffre n'est pas absolu, au vu des multiples possibilités de prestations, « ce sont plusieurs centaines d'euros pour les familles. »
L'ignorance, premier allié des fraudeurs
Absence d'affichage obligatoire des prix, devises incomplètes ou encore pratiques commerciales trompeuses sur des produits type cercueil : la répression des fraudes a identifié plusieurs types de manquements récurrents, appliqués sur des produits dont les marges sont considérables. « On peut parler de facturation de prestations que le consommateur n'aurait pas demandées, ou de surfacturation des frais kilométriques, de frais de désinfection liés au Covid-19 aussi, ou de la double facturation d'une même prestation. »
La première arnaque reste « le défaut d’'information du consommateur. Des documents qui ne sont pas mis à la disposition du consommateur, soit des devis qui ne sont pas conformes avec des prestations facultatives, inscrites dans la colonne des prestations obligatoires... » confie la porte-parole.
Une loi existante dont le contrôle reste difficile
Il existe pourtant un cadre juridique pour protéger les familles, notamment la loi de 1993 : alors comment expliquer cette protection aussi faible ? Depuis la fin du monopole communal cette année-là, n'importe quelle entreprise habilitée, peut proposer des services funéraires. Et c'est là que les dérives s'installent.
La loi impose un devis détaillé, la remise d'une liste d'obsèques type, l'affichage des prix à l'entrée de l'établissement... Mais l'organisme note que certaines entreprises « ne maîtrisent pas la réglementation » ou détournent les obligations. En cas de manquements constatés, les hors-la-loi peuvent faire l’objet d’injonctions, de demandes administratives, voire de suites judiciaires pour les cas les plus graves.
Alors que le secteur compte plusieurs milliers d'opérateurs sur l'ensemble du territoire, les contrôles restent trop ponctuels. Et puis, les prix des services funéraires ont augmenté de 15% entre 2021 et 2025 selon l'INSEE. "Il est donc assez difficile d'estimer le préjudice moyen puisqu'il y a plein de prestations différentes possibles."
Quels réflexes pour éviter les fraudes ?
La vraie protection ? Informer les familles avant que le deuil ne les frappe. En cas de doute ou de propositions d’un service de pompes funèbres douteux, la DGCCRF contrôle avec un ciblage sur la base de signalements reçu sur Signal Conso, « donc on invite les familles à nous contacter sur la plateformes, pour des litiges qu'ils pourraient avoir avec des entreprises. »
Deuxième renfort face à la fraude ? Exiger un devis qui doit «être gratuit et non engageant. » L’objectif étant, de comparer les prestations, comprendre clairement ce qu'on va payer. « Ensuite, il faut refuser toutes ces sollicitations car il est interdit de démarcher sur le secteur du funéraire. »
🔴Abus, manque d’informations... Coup de filet de la DGCCRF dans les pompes funèbres 🗣️Alice Vilcot (@dgccrf) : "Le préjudice moyen c'est plusieurs centaines d'euros pour els familles" #GrandMatin 📻Écoutez #ParlonsCash à 8h15 et réagissez sur parlonscash@sudradio.fr https://t.co/SRqWWy1phU
— Sud Radio (@SudRadio) October 30, 2026
Prendre le temps malgré le chagrin
Enfin, « il faut comparer les offres. » Si la période de deuil est difficile, ce réflexe reste capital. « Vous pouvez avoir accès à une documentation générale. Celle-ci détaille les prestations à caractère obligatoire, les prix, les conditions de vente de chaque prestation et fourniture. » Un conseil tout de même, « posez-vous, lisez-la à tête reposée. »
Au total, la DGCCRF a prononcé 250 injonctions de mise en conformité visant à faire retirer des clauses abusives ou à améliorer l'information des consommateurs, 47 amendes administratives. Le montant cumulé peut atteindre près de 130.000 euros. L'organisme a également dressé 9 procès-verbaux pénaux pour pratiques commerciales trompeuses.