La France enregistre un nouveau pic du nombre de détenus. Au 1er mars 2026, 87 126 personnes étaient incarcérées, d’après les données diffusées mardi par la Chancellerie.
5 000 détenus supplémentaires en prison pour 137,5 % de taux d’occupation
En un an, la population carcérale a progressé de 6,1 %, accentuant encore la pression sur un système pénitentiaire déjà saturé. Le taux d’occupation des établissements atteint désormais 137,5 %.
Sur douze mois, les prisons françaises ont accueilli environ 5 000 détenus de plus, tandis que le nombre de places n’a augmenté que d’un millier, soit une hausse limitée à 1,5 %.
"Il y a un problème national de surpopulation carcérale. En Occitanie, le centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, c’est 1385 détenus pour 692 places ! 328 matelas sont au sol !" alerte Sébastien Nicolas, secrétaire général @Directeurprison #GrandMatin https://t.co/QKa5Efuc2W pic.twitter.com/dey90MbPYa
— Sud Radio (@SudRadio) June 27, 2025
La situation est particulièrement critique dans les maisons d’arrêt, qui accueillent les personnes en détention provisoire ou condamnées à de courtes peines. Le taux d’occupation y grimpe à 168,4 %, un niveau particulièrement préoccupant pour des détenus qui, pour certains, restent présumés innocents.
"On ne voit pas de nouvelles places se construire"
Interrogé dans Le Grand Matin Sud Radio au micro de Mathéo Lamblot, Romain Bernier, secrétaire de l’union régionale UFAP de Dijon, dénonce une situation ingérable pour les surveillants pénitentiaires : "Les records de surpopulation pénale s’accumulent, mais on ne voit pas de nouvelles places se construire assez vite, ni de postes d’agents supplémentaires créer dans les établissements."
"Les seuils annoncés ne sont jamais atteints"
"À chaque mandat présidentiel, on nous promet beaucoup d’ouvertures de places de prison, mais on se rend compte que les seuils annoncés ne sont jamais atteints : construire un établissement coûte trop cher", témoigne-t-il également
"Le recrutement est très difficile"
Outre le nombre de constructions de prison insuffisante, Romain Bernier dénonce également le manque de personnel : "Aujourd’hui, construire des prisons ne suffit pas : il faut aussi prévoir le personnel pour les faire fonctionner. Or, le recrutement reste très difficile."
Des difficultés à recruter qui rendent la situation encore plus critique pour les surveillants en poste, contraints de gérer des établissements surpeuplés sans renforts suffisants, accentuant la pression quotidienne et les conditions de travail déjà tendues.