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Nikola Karabatic: "Je ne me considère pas comme une icône ou une star"

Par Justin Boche

Il a tout gagné en sélection nationale et en club : double champion olympique, triple champion du monde, triple champion d’Europe, plusieurs fois champion de France et d'Allemagne, il a également remporté trois ligues des champions et été élu deux fois meilleur joueur au monde. Il fait partie des sportifs préférés des Français. À 31 ans au sommet de son art, il vient de se lancer un nouveau challenge : le PSG handball. Le nouvel arrière du PSG était l'invité de Sud Radio sport pour un entretien confidence avec Judith Soula. Rencontre.

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Si se définir est un exercice difficile, Nikola Karabatic se considère comme "quelqu'un d'assez simple" : "J'aime passer du temps avec ses amis et sa famille, qui aime rigoler et prendre du plaisir dans la vie parce que ça passe vite. Je suis quelqu'un d'assez simple qui aime le sport et qui s’éclate dans ce qu'il fait."Un sport, le handball, dans lequel il a explosé au point de devenir une véritable star de son sport. Un statut qui pourrait être difficile à assumer. Pourtant le joueur du PSG handball ne retient que le positif : "Je ne me considère pas comme une icône ou une star. Mais je sais que je suis mis en avant parce qu'on a gagné beaucoup de titre avec l'équipe de France. Quand je regarde mon palmarès, ça me fait bizarre et j'essaie de ne pas y penser. Mais aujourd'hui, le handball et les handballeurs ont franchi un cap. On est beaucoup plus reconnu qu'avant. Les gens nous reconnaissent dans la rue, nous arrêtent et nous demandent des photos. Après je prends ça plutôt comme une récompense et un plaisir. Ça fait chaud au cœur d'avoir des gens qui te suivent et qui t’apprécient."

"Je me sens comme un mélange de cultures"

Née d'une mère serbe et d'un père croate, Nikola Karabatic est le fruit de plusieurs cultures. Arrivé en France à 4 ans, c'est pour cette nation qu'il a choisi d'évoluer. Mais aujourd'hui, le joueur de l'équipe de France de handball ne renie pas ses multiples origines : "Je me sens comme un mélange de cultures. Je suis née en ex-Yougoslavie de parents serbes et croates. J'ai grandi en France. J'ai vécu en Allemagne et en Espagne, je suis un citoyen européen. Je reste très attaché à la Serbie. J'ai encore de la famille là-bas, j'y retourne tous les ans. En Croatie, mes parents ont une maison en bord de mer donc c'est pour moi très très important. Je me sens Slave par mes origines, mon tempérament et mon physique. Mais par ma culture, je me sens peut-être un peu plus latin."Icône médiatique, il sait d'où il vient et à qui il doit sa réussite actuelle : "Je suis très attaché à ma famille. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à mes parents, à tout ce qu'ils ont donné, à tous les sacrifices qu'ils ont faits pour mon frère et moi, pour nous mettre dans de bonnes conditions. Aujourd'hui avec mon frère Luka, nous sommes très très proches même si nous sommes très différents."

Échecs sportifs, et problèmes extrasportifs

Après près de 15 ans d'une carrière jalonnée par de nombreux exploits sportifs, mais aussi quelques déboires extrasportifs, Nikola Karabatic aurait pu se lasser. Sous les feux de la rampe depuis son plus jeune âge, il n'a pourtant jamais flanché. Une capacité à rester au haut niveau qu'il a essayé d'expliquer au micro de Sud Radio : "J'essaie de ne pas avoir de lassitude. Le secret c'est de prendre conscience de la chance que j'ai d'avoir un métier qui soit mon sport, ma passion. J’ai aussi eu la chance d’évoluer dans des grands clubs, dans des grandes équipes à l'étranger comme en France pour gagner des médailles et des titres. Quand je vois mon palmarès, je me sens privilégié et ça me donne envie de travailler encore plus. J'essaie d’avoir toujours en tête l'idée selon laquelle ce n'est pas parce que mon équipe à gagner l'année précédente que la saison suivante on finira sur le podium automatiquement."Ses déboires extrasportifs ont bien entendu été en rapport avec l'affaire des paris truqués. Contraint à l'époque de quitter son club de Montpellier avec lequel il a connu pour la première fois le monde professionnel. Une affaire sur laquelle est revenu le double champion olympique : "Cette affaire m’a surtout perturbée au début. J'ai dû changer de club et en retrouver un nouveau. Ça a été compliqué dans les premiers mois. J'ai pris ça comme un challenge, mais c'est vrai que ça a été très long et malheureusement ce n'est pas encore terminé étant donné que l'on a fait appel de la décision. Au fur et à mesure, j'ai appris à vivre avec et à m'en servir comme un moteur pour en sortir encore plus fort. C'est ce que j'ai essayé de faire et pour le moment ça a pas mal réussi. Je n'ai pas de rancoeur, même si parfois ça revient. Mais j'essaie de le sortir de ma tête et de mon cœur pour garder le positif qui en est sorti."

Un nouveau challenge au PSG handball

Nikola Karabatic à tout remporté sur le plan européen et mondial, aujourd'hui il s'offre un nouveau challenge dans l'équipe de "galactiques" du PSG handball. Une équipe où il va retrouver de nombreux coéquipiers de l'équipe de France : "Je suis venu à Paris pour me lancer un nouveau défi. À Barcelone, j'étais dans un club ou j'avais tout gagné, dont la Ligue des champions. Ça se passait super bien, tout le monde m'aimait. Alors je pouvais soit prolonger là-bas dans un environnement confortable et tout acquis à ma cause, soit me lancer dans un nouveau défi avec un club où j'aurais tout à prouver. J'ai choisi Paris et ici, je vais essayer d'apporter ma compétence, de faire gagner des titres au PSG. Je suis super motivé, j'ai bossé très dur. Je sais aussi qu'en même temps je vais avoir de grosses compétitions avec l’équipe de France durant les deux années qui arrivent."Un terrain connu où il ne lui a pas fallu de temps pour trouver ses marques : "Mon intégration se passe très bien, je n'ai pas eu trop le temps de profiter de la vie parisienne parce que je me suis beaucoup entrainé. Mais ça n'a rien à voir avec la vie à Barcelone. Ce sont deux grandes villes, mais très différentes. Pour tout dire, je n'ai même pas eu le sentiment d'avoir eu besoin d'intégration. Je connaissais tellement tout le monde dans l'équipe que je n'ai pas eu le sentiment de débarquer dans un autre club tellement je me sentais bien dès les premiers jours."S'il est de coutume dans de nombreux sports et de nombreuses équipes de pratiquer un bizutage des nouveaux. Ca na pas été le cas au PSG handball comme nous l'a confié l’arrière de l'équipe de France : "Il y a eu un repas des nouveaux. C'est-à-dire que les nouveaux joueurs doivent inviter l'équipe au restaurant pour se présenter."

"Zvonimir Serdarui est un grand coach, une bible du handball"

À Paris, il retrouvera Zvonimir "Noka" Serdarui, un entraîneur qu'il a connu au THW Kiel durant quatre saisons. L'entraineur germano-croate est le nouvel entraîneur du PSG après le départ de Philippe Gardent pour le Fenix de Toulouse. Un entraîneur sur lequel Nikola Karabatic ne tarit pas d'éloges : "Le coach est un grand coach. C'est une bible du handball. C'est un bonheur et un privilège d'évoluer avec lui, d'assister à ses entrainements, d'évoluer avec lui et d'assister à ses entrainements. C'est quelqu'un de très exigent qui s'y connait énormément en handball. Il est très droit et apporte énormément aux joueurs en tant que joueur et en tant qu'homme."À 31 ans, le joueur français sait aussi que la fin de carrière approche même s'il veut repousser ce moment le plus loin possible : "Ma saison passée a été fantastique. On a été champion du monde, j'ai été une nouvelle fois meilleur joueur au monde, on a gagné la Ligue des champions avec Barcelone. Ça a été une année fantastique. Je me sens encore en forme et j’espère que ça va continuer quelques années. Même si à un moment je vais commencer à être sur la pente descendante, mais je vais essayer de repousser ce moment le plus tard possible."Souvent qualifié de "beau gosse", Nikola Karabatic est aussi une égérie médiatique et publicitaire. Un statut qui l'a amené plusieurs fois à participer au calendrier des "Dieux du stade". Questionné sur la question de savoir s'il se trouvait beau, l’arrière du PSG a confié "oui, je me trouve beau sur les photos du calendrier", mais a aussi tenu à minorer son effet esthétique : "Ces photos sont souvent bien faites avec de bonnes lumières, du maquillage, des retouches. Après je ne sais pas si c'est comme ça dans la vraie vie", a-t-il conclu tout sourire.

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