Filant aussi vite que les champions, les drones sont arrivés en masse aux Jeux olympiques de Milan Cortina, marquant les premiers jours de compétition avec des images impressionnantes.
Les drones dits "en vue subjective" (FPV) jouent pour la première fois un rôle majeur aux Jeux olympiques d’hiver, du 6 au 22 févier, pourchassant les skieurs sur des pentes abruptes et suivant les bobsleighs à plus de 140 kilomètres à l’heure sur une étroite piste de glace.
Pilotés via un casque et une manette, ils offrent une vision à la première personne d’une précision inédite, déjà omniprésente dans les vidéos de ski ou de snowboard hors contexte olympique, alors que les drones traditionnels sont pilotés par un opérateur qui regarde l’appareil depuis le sol.
L'Olympic Broadcasting Services (OBS), qui fournit les images aux chaînes de télévision, en utilise notamment sur la piste de glisse de Cortina d'Ampezzo (nord-est), ce qui évite d’installer des caméras à chaque virage.
Les athlètes de luge, bobsleigh et skeleton sont suivis par un petit drone dans les premiers virages, donnant aux téléspectateurs l’impression d’être assis juste derrière eux (avec en prime le son de bourdon du drone). En bord de piste, un ancien champion de course de drones, le Hollandais Ralph Hogenbirk, est aux manettes.
- "Vraiment cool" -
Mais est-ce que cela gêne les athlètes de glisse ? "Non, on ne remarque pas ce genre de chose", affirme l’Allemand Felix Loch, triple médaillé d’or, qui dispute ses cinquièmes Jeux.
Il s’est montré plein d’éloges pour cette nouvelle perspective, déclarant au service sportif allemand de l’AFP, SID : "ce sont clairement des images différentes. Ça rend vraiment super bien. Il faut le dire, c’est vraiment, vraiment une belle chose que les gars font là".
Emma Aicher, skieuse alpine allemande qui a remporté deux médailles d’argent aux Jeux de Milan-Cortina, a également indiqué que les drones n’affectaient pas sa concentration lorsqu’elle dévale la piste : "Pour nous, ce sont des images vraiment cool. Je ne remarque pas le drone, il est tellement loin".
Yiannis Exarchos, le patron d’OBS, a indiqué avoir travaillé avec les athlètes à la conception du système. "Nous ne voulions pas que cela les perturbe. Nous voulions que cela les mette en valeur", a-t-il déclaré aux journalistes mercredi à Milan.
- 15 drones -
Les caméras embarquées sur drones ont fait leurs débuts aux Jeux d’hiver à Sotchi, en Russie, en 2014, tandis que la vue FPV a été introduite pour la première fois à Paris en 2024, offrant des images en direct du VTT.
Quinze petits drones FPV sont déployés pour les Jeux italiens, selon l’OBS, du ski alpin au saut à ski, en passant par le biathlon et la glisse à Cortina.
La lourde chute d'un drone en 2015, à quelques centimètres du champion autrichien de ski Marcel Hirscher, lors d'une étape de la Coupe du monde à Madonna di Campiglio, avait ralenti leur arrivée.
Depuis, la technologie a énormément progressé, a indiqué Yiannis Exarchos. Désormais, il est possible "d’atteindre en toute sécurité des vitesses comparables à celles de certains athlètes", a-t-il confié aux journalistes.
Le bruit dépend de la taille de l’hélice, qui elle-même dépend de la vitesse nécessaire, selon un expert impliqué dans les JO qui a demandé à ne pas être nommé pour des raisons de confidentialité commerciale.
Chaque drone est fabriqué sur mesure, et peut être minuscule : le plus petit a des pales de moins de trois pouces (7,6 centimètres) et pèse moins de 250 grammes.
"Si vous devez poursuivre quelque chose de super rapide, vous optez pour un petit système super puissant — et il sera vraiment bruyant", a-t-il déclaré à l’AFP.
Le froid des montagnes complique cependant la vie des drones, épuisant rapidement leurs batteries, selon un autre pilote qui a également demandé l’anonymat pour des raisons de confidentialité. "Il faut changer de batterie en permanence, après chaque course", a-t-il indiqué à l’AFP.
Par Taimaz SZIRNIKS à Milan et Alice RITCHIE à Rome / Milan (Italie) (AFP) / © 2026 AFP