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Cyclisme : Seixas face à la grande bascule de Liège

En l’espace de quelques semaines, Paul Seixas a changé de dimension. Longtemps vu comme un espoir, le Français arrive désormais sur chaque course avec une étiquette différente : celle d’un coureur capable de faire vaciller les meilleurs. Dimanche, sur Liège-Bastogne-Liège, il s’attaque à un autre monde. Il est désormais favori mais quelles sont ses chances ?

JASPER JACOBS - BELGA/AFP

Une ascension éclair

Une étape sur le Tour d’Algarve, une victoire sur la Faun Ardèche Classic… Jusque-là, Paul Seixas suivait un plan presque logique et cochait les cases qu’il s’était lui-même fixées avec son staff. Mais ces dernières semaines, tout s’est accéléré. En remportant le Tour du Pays Basque puis en dominant la Flèche Wallonne, le Français a brutalement changé de statut. Plus qu’un espoir, il est devenu une menace crédible pour les plus grands.

Même face à une concurrence qui peut être discutée, ses performances parlent pour lui. Sur le Mur de Huy, référence absolue des puncheurs, ses temps impressionnent : 2’43, soit bien plus rapide que les 2’55 signés par Tadej Pogacar l’an passé. Des chiffres beaucoup plus impressionnant quand on sait qu’un effort comme la Flèche Wallonne correspond moins à ses qualités que la Doyenne : plus long, plus usant, plus ouvert : un terrain idéal pour tester jusqu’où il peut aller.

Le moment de vérité

Dans la côte de la Redoute, à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, la course bascule presque toujours. C’est là que les deux derniers patrons de la Doyenne ont construit leurs victoires : Remco Evenepoel et Tadej Pogacar, vainqueurs des cinq dernières éditions à eux deux. Le scénario est simple : soit Seixas est encore là à cet instant précis… soit la marche est encore trop haute. Car malgré son explosion récente, le Français découvre encore ce niveau. Il n’a jamais participé à Liège, et sa capacité à encaisser une course aussi exigeante reste une inconnue.

Face à lui, Pogacar incarne toujours l’ogre du peloton. Les deux hommes ne se sont croisés qu’une fois cette saison, sur les Strade Bianche. Ce jour-là, Seixas avait été le dernier à résister, brièvement, avant de céder. Un détail qui en dit long : il n’est pas encore au sommet, mais il s’en rapproche.

Jusqu’où peut-il aller ?

C’est toute la question. Seixas n’est sans doute pas encore au niveau des deux monstres qui dominent les classiques. Mais il n’en est plus si loin. Et dans une course aussi imprévisible que Liège-Bastogne-Liège, une seule chose compte : être là au bon moment. S’il bascule avec les meilleurs dans la Redoute, alors tout devient possible. Sinon, il lui restera une certitude : celle d’avoir entrevu, pour la première fois, le très haut niveau. Celui où les talents deviennent des prétendants.

Et à quelques jours d'annoncer sa participation ou non au prochain Tour de France. Sa course pourrait jouer un rôle déterminant pour la suite de sa saison.

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