éditorial

L'édito de Véronique Jacquier

Véronique Jacquier
Société

Y a-t-il un mépris de Paris pour la province ?

Y a-t-il un mépris de Paris pour la province ? La crise des gilets jaunes met en avant un sentiment de délaissement, de négligence des provinciaux.

"Des bobos friqués hors sol… Qui ne sont pas concernés par le 80 km heure et qui nous impose des décisions depuis Paris". Ça c’est le mépris des gilets jaunes de province envers les parisiens tous assimilés à une caste et à une élite. Choses lues et entendues dans les manifs du samedi. Dans l’autre sens y a-t-il un mépris des parisiens pour les provinciaux ? Il existe un mépris maladroit de la classe politique parisienne dans un pays hyper centralisé. De nombreuses décisions sont prises depuis la capitale. La province n’est là que pour subir. Quand l’état donne 60 euros pour un habitant des campagnes, il en donne 120 pour un habitant des villes. Les maires ruraux sont exaspérés. C’est interprété comme du mépris. Mais les besoins sont ils tous les mêmes ? Autre tendance à une supériorité de classe parisienne qui blessent les provinciaux : les petites phrases des politiques. Emmanuel Macron et Jojo le gilet jaune bien sur…Mais aussi Olivier Faure le patron du Parti socialiste. Il déclare au moment du déménagement du siège du parti du cœur de Paris en banlieue : "À force de se diviser ce n’est pas à Evry que nous allons aller. Nous allons finir dans la Creuse". La Creuse qui fut une terre de gauche…Mais ce n’est quand même pas très gentil pour ses habitants. Donc c’est vrai qu’il y a ce match entre Paris et la province où la province a le sentiment de perdre à tous les coups mais on ne peut pas faire de généralité. Individuellement tous les parisiens ne méprisent pas les provinciaux. 

D'ailleurs un tiers des parisiens seulement sont de vrais parisiens. Les deux tiers sont des provinciaux et la plupart n’oublient pas d’où ils viennent. Et quand ils rentrent en province on les accueille parfois un brin moqueur…Tu as déjà vu une vache ? Tu sais dire bonjour ? Sans compter les voitures immatriculées 75 dont la carrosserie se retrouve rayée dans certains départements. Plus qu’un sentiment de mépris, ce qui caractérise le parisien c’est son parisiano-centrisme. Hors la capitale point de salut pour travailler et vivre décemment ! Ça agace la province bien sur mais ça pimente la relation ! Comme le dit Pierre Perret dans une de ses chansons : "la France sans Paris c’est comme un gigot sans moutarde". 

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