Violences sexuelles: enquête ouverte sur les pratiques au sein des Instituts d'études politiques

Faire la lumière sur toutes les pratiques dans les Institut d'études politiques de France: dans la foulée de l’affaire Olivier Duhamel à Sciences Po Paris, puis les révélations et la mises en examen d'un étudiant pour viol à l'IEP de Toulouse, le ministère de l’enseignement supérieur diligente une enquête interne pour connaître la réalité des pratiques d'agressions et violences sexuelles. En cause très souvent, les soirées d’intégrations. L'enquête a débuté ce lundi alors que 200 étudiantes ont manifesté pour demander des changements.

(FREDERICK FLORIN / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

"Evitez telle personne" en soirée

Avant d’aller à sa première soirée d’intégration en tant que première année l'an dernier, Camille se souvient des conseils de Laetitia, celle qui a brisé l'omerta:

"Ça s'est bien passé parce qu'il y a eu des personnes comme Juliette qui sont venus nous voir en disant: attention, évitez telle personne. Si telle personne vient vous voir,  faites attention. Il y a une prise de conscience, pas qu'à Sciences Po. Cela commence à se répandre dans tout l'enseignement supérieur. C'est une bonne chose, je pense."

 

Les soirées d'intégration en question

Aujourd’hui à la tête d'un collectif féministe étudiant, la jeune femme milite avec ses amies comme Eva. S’il faut briser la culture de la violence, on peut aussi changer rapidement certaines choses comme ces soirées d'intégration:

"Nous, on est en train d'y réfléchir. On peut pas vous affirmer qu'on veut les arrêter. Parce qu'on sait qu'à la fac, certains étudiants se sentent un peu perdus parce qu'ils ont aucun lien social. On peut créer une intégration. Après: par qui, comment, sous quel format? C'est ça la question. En tout cas le format actuel n'est plus viable, on le sait."

 

Au delà des missions et rapports: les moyens

D’anciennes étudiantes aujourd’hui chercheuses sont venues les soutenir. Elles estiment qu'il faut aller plus loin, notamment en matière de moyens:

"Comme à chaque fois qu'il y a un souci: un rapport, une mission sont commandés mais sans véritables moyens qui suivent. Ce qu'on veut dire aujourd'hui, c'est qu'on ne pourra pas  lutter contre les violences sexuelles et sexistes à l'IEP et dans l'enseignement supérieur sans moyens, et sans accompagnement par des professionnels spécialisés dans les violences."

 

Après deux jours à Toulouse, cette mission d'enquête du ministère doit se poursuivre dans les différents Sciences Po en France.