Télétravail : les entreprises jouent-elles le jeu ?

Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH (ANDRH), et directeur associé au Boston Consulting Group, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 12 novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

63% des travailleurs d’Île-de-France sont des primo-accédants au télétravail. © AFP

Selon une enquête Harris Interactive, 45% des actifs pouvant télétravailler l’ont fait à temps complet et 70% au moins partiellement. Finalement, les entreprises jouent le jeu.

 

Un confinement plus souple

"Elles le jouent, sous une pression relativement forte de la ministre depuis trois semaines, constate Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des DRH (ANDRH), et directeur associé au Boston Consulting Group. Elles ont eu le temps de s’organiser. Le télétravail retrouve à peu près les chiffres qu’on avait connus en mars."

Y avait-il une certaine volonté de maintenir davantage de personnes au bureau ? "Ce confinement ne répond pas tout-à-fait aux mêmes règles, c’était un peu plus souple. En septembre, on a voulu lancer une dynamique collective, que l’on n’a pas voulu casser. Ce n’est pas idéal, le télétravail, dans les entreprises qui ne sont pas habituées à cela. Beaucoup de salariés étaient assez réticents à faire du télétravail à 100%."

 

Pas cinq jours par semaine

Les gens ont aussi besoin de contact avec leurs collègues et de venir au bureau. "Le premier confinement a révélé que le télétravail était apprécié, mais que cela générait de l’isolement, précise Benoît Serre. Une enquête Odoxa montre qu’il y a quand même des risques psycho-sociaux. Les gens sont d’accord pour faire 2-3 jours de télétravail, mais cinq crée des conditions qui ne sont pas idéales. Nous sommes montés à 3,7 jours, ce qui est quand même élevé."

Est-ce si facile de s’autogérer ? "Cela dépend des gens. Certains managers ne sont également pas à l’aise avec le télétravail, ont du mal à accepter l’idée que leurs équipes travaillent alors même qu’ils ne les voient pas. Ce qui n’est pas juste car des études ont montré que le télétravail ne baissait pas la productivité individuelle. Ce qui peut poser problème, c’est la productivité collective. Si le télétravail s’installait dans le temps, il faudra bien veiller à l’équité entre ceux qui le font et ceux qui ne le font pas, pour ne pas recréer des cols blancs et des cols bleus."

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