"Zemmour est le reflet de ce désastre démocratique du tout à l'égo, tout à la com' !" selon Françoise Degois

Alors qu'Éric Zemmour monte dans les sondages, Françoise Degois critique la façon dont les grands partis font face à la situation.

Degois Zemmour

Et si la hype Éric Zemmour, qui s'envole dans les sondages, redescendait comme un soufflet ? C'est ce qu'en croit Françoise Degois dans son édito du jour qui égratigne au passage la gestion des différents partis politiques face à la percée du "populiste".

Selon le dernier sondage Harris Interactive, Éric Zemmour est crédité de 17% d'intention de votes pour l'élection présidentielle de 2022,  l'envoyant ainsi directement au second tour face à Emmanuel Macron.

"On fait semblant de le croire ce sondage, évidemment, parce qu'on a envie de le croire... en tout cas, les médias ont envie de le croire ! lance Françoise Degois. Ils ont envie de spectacle, de suspense. Le problème c'est que les gens sérieux disent que ce sondage est à la limite du bidon. Les analystes sérieux disent que, oui, il y a une vraie dynamique concernant Éric Zemmour avec entre 11 et 14% dans les sondages mais qu'en aucun cas qu'Éric Zemmour soit au second tour.

En tout cas, pour ce qui est d'Éric Zemmour, sa stratégie ambigüe fonctionne pour le moment. Il ne dit rien, il réfléchit comme si les autres ne réfléchissaient pas. Il est en suspend, tel un sage.

Quelle va être la suite pour Éric Zemmour avec tous ces sondages ?

Eh bien il va falloir qu'il descende de sa montagne, il va bien falloir qu'il se banalise, qu'il soit candidat, qu'il nous parle d'autres chose que de l'Histoire avec tous les diables qui ressortent, il va falloir qu'il nous parle du logement, de l'école, de la vie chère... et puis il faut trouver des signatures, trouver de l'argent car contrairement à Donald Trump - dans une comparaison un peu rapide -, eh bien Donald Trump avait le parti Républicain et les finances. Éric Zemmour, lui, n'a rien.

Il attend aussi les soutiens de l'intérieur qui tardent un peu à venir. On sait qu'il est un peu déçu car il se croyait tellement puissant qu'il pensait faire tomber les LR comme des dominos, un peu comme Macron avec le PS en 2017. Mais ça ne vient pas et c'est normal, il passe ses journées à les traiter d'andouille, eux, et Marine Le Pen.

"Il va évidemment redescendre dans les sondages"

"Mais sa dynamique empoisonne un peu le débat public. Pourquoi ? Car Zemmour montre notre faiblesse démocratique. Comment des grands partis de gouvernement sont capables de changer de cap, de direction en 24 heures parce que 3 sondages placent un polémiste au-dessus de 10% ? C'est ça que nous devrions, toutes et tous, analyser. La maladie de notre démocratie, Éric Zemmour en est le reflet. Il est le reflet de ce désastre démocratique du tout à l'égo, du tout à la com'. Il ne dit rien mais monte dans les sondages. Il va évidemment redescendre et on a encore rien vu. Ça va être long jusqu'à la présidentielle... restons calme !"

À lire aussi :

"Zemmour ? Face au diable, le candidat raisonnable gagne forcément jusqu’au jour..." : l'analyse d'Élisabeth Lévy

En Auvergne, Le Pen cultive son amour du terrain pour enrayer la dynamique Zemmour