Secret médical sur le pass sanitaire dans les écoles : la colère monte chez les parents d'élèves

Le secret médical pourra être levé à l'école concernant le pass sanitaire. Un amendement voté à l'Assemblée nationale qui ne passe pas auprès de parents d'élèves, mais aussi de chefs d'établissements scolaires.

vaccin covid
La dose de rappel du vaccin contre le covid sera obligatoire dès 64 ans. (Fabrice Coffrini / AFP)

Le vote s'est fait dans la nuit de mercredi à jeudi dans la douleur. L'Assemblée nationale a adopté un amendement du projet de loi "vigilance sanitaire" qui permettrait aux responsables d'établissements scolaires de connaître le statut vaccinal des élèves. Selon le gouvernement, qui a déposé cet amendement, l'objectif est de "faciliter l'organisation de campagnes de dépistage et de vaccination".

 

 

La nouvelle ne passe pas chez les parents d'élèves. "C'est un écran de fumée", s'insurge Rodrigo Arenas de la Fédération des conseils de parents d'élèves. "C'est lever le secret médical sans aucune raison objective en terme de santé publique. On ne le lève pas pour un souci de gestion, alors que ça pourrait se régler avec l'augmentation de personnel", s'agace-t-il. Le représentant voudrait qu'on arrête de pointer du doigt les parents qui "voudraient mettre les gamins malades à l'école".

Une mesure déconnectée des besoins actuels

Un amendement qui ne fait pas non plus l'unanimité dans l'enseignement. Il ne sert à rien et est exagéré estime notamment Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Hector Berlioz à Vincennes et secrétaire général du SNPDEN-UNSA. "Nous avons très peu fait remonter de difficultés depuis début septembre. Nous avons très peu de cas positifs à gérer et, surtout, nous n'avons pas demandé d'accéder au fichier", confie-t-il à Sud Radio. Le chef d'établissement ajoute : "Là on voit bien qu'il y a une hostilité plutôt générale parce qu'on a bien vu que pendant ces six semaines de début d'année, on a été capable de faire autrement et ça fonctionne plutôt bien."

 

 

Néanmoins, le secrétaire général du SNPDEN-UNSA reste nuancé sur le sujet. "Cela ne veut pas dire qu'il ne faudra jamais le faire s'il y a une nouvelle crise et un nombre de cas très important, peut-être que cela nous permettrait de gérer plus efficacement. Mais à ce stade de la crise, ça semble un peu déconnecté des besoins actuels", dit-il.