Rue d'Aubagne : la mairie de Marseille retire les petits-déjeuners des sinistrés

La mairie de Marseille a décidé d'arrêter de payer pour les petits-déjeuners des sinistrés de la rue d'Aubagne relogés à l'hôtel. Une décision brutale qui pourrait cacher d'autres coûts, plus importants, pour les personnes relogées.

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C’est un épisode qu’ils n’arrivent pas à digérer. Jeudi dernier, comme d’habitude depuis un mois, Martine descend prendre son petit déjeuner dans l’hôtel où elle est relogée : "Tout d’un coup, il y a une personne qui était à l’accueil qui se présente à l’endroit où on prend le petit déjeuner et qui nous dit ‘Il faudra désormais que vous payiez votre petit déjeuner, ça a été décidé comme ça et ça fait 9 euros le petit déjeuner’."

La direction de l’hôtel explique avoir reçu un mail de la mairie de Marseille qui ne veut plus payer pour les sinistrés, ce qu’elle faisait pourtant depuis un mois. Aucun n’a été prévenu en amont et c’est ce qui les choque le plus.

"Très désagréable, très choquant. On n’a pas du tout aimé cette attitude brutale. On pensait que, peut-être, il y aurait eu des façons de faire un peu plus élégantes."

Et si les petits-déjeuners n’étaient que l’arbre qui cache la forêt ? Sabine Daoudi est, elle aussi, relogée. Et elle n’arrive pas à avoir la garantie qu’elle ne devra pas payer tout son séjour à l’hôtel.

"On m’a quand même fait comprendre qu’on me présenterait la facture à la fin. L’assistante sociale de la rue Beauveau. Mais je ne paierai pas. Elle était même un peu gênée de me le dire, mais c’est parce que je lui ai posé la question. On nous héberge, certes, mais qu’est-ce qui va se passer après ? Qui va payer la facture ? On pensait au départ que c’était la ville de Marseille, mais il semblerait que ce soit nous-mêmes qui devrons payer la facture."

Impossible d’avoir la moindre explication de la mairie de Marseille qui est restée aux abonnés absents.

Un reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio