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Réseau pédocriminel et viols sur mineures: quatre hommes jugés à Orléans

Cent vingt victimes et 930.000 fichiers pédopornographiques: le procès de quatre hommes soupçonnés d'avoir appartenu à un réseau pédocriminel en ligne s'est ouvert lundi devant la cour criminelle du Loiret et certains des accusés sont aussi poursuivis pour des viols sur mineures.

Damien MEYER - AFP/Archives

Cent vingt victimes et 930.000 fichiers pédopornographiques: le procès de quatre hommes soupçonnés d'avoir appartenu à un réseau pédocriminel en ligne s'est ouvert lundi devant la cour criminelle du Loiret et certains des accusés sont aussi poursuivis pour des viols sur mineures.

A l'ouverture de l'audience, trois des quatre accusés ont présenté leurs excuses aux familles des victimes. Le quatrième, qui comparaît libre, a dit qu'il reconnaissait les faits.

L'enquête, initiée en 2022 après une infiltration des gendarmes sur les réseaux sociaux, a permis de démanteler plusieurs groupes utilisant des messageries chiffrées comme ICQ, Snapchat ou Telegram pour échanger des contenus pédopornographiques et entrer en contact avec des mineures.

Les investigations ont conduit à l'arrestation de six personnes entre avril et novembre 2023.

Quatre hommes, âgés de 37 à 64 ans, sont renvoyés devant la cour criminelle du Loiret, à Orléans. Ils sont notamment suspectés d'avoir utilisé de faux profils pour approcher leurs victimes, ainsi que de consultation, détention et diffusion d'images pédopornographiques.

Deux d'entre eux comparaissent également pour des viols commis sur des mineures de moins de quinze ans.

L'un des mis en cause a reconnu lors d'une de ses auditions être "un chasseur, un prédateur", selon un document judiciaire consulté par l'AFP.

Les gendarmes de la section de recherches d'Orléans ont mis en évidence un fonctionnement en réseau, sans hiérarchie formelle, mais structuré autour d'administrateurs de groupes et d'utilisateurs actifs partageant massivement des fichiers.

Au cœur de leur mode opératoire, bien rodé, le grooming, pratique consistant à mettre en confiance des jeunes victimes afin d'obtenir, sous une apparence de consentement, des images ou vidéos à caractère sexuel.

Les perquisitions ont permis la découverte de plus de 930.000 fichiers pédopornographiques, y compris des photos et vidéos.

Au total, 120 victimes ont été détectées, dont 21 Françaises identifiées, âgées de 3 à 15 ans et toutes entendues, a précisé la gendarmerie du Loiret à l'AFP.

"J'attends de voir lors de l'audience comment les accusés vont réagir face à leurs agissements", a déclaré Me Elena Campario, qui représente une jeune victime et ses parents.

La fillette a été agressée et violée à de multiples reprises par un homme aujourd'hui âgé de 64 ans.

Parmi les six hommes interpellés, l'un s'est suicidé en détention provisoire. Un autre, arrêté en Belgique en novembre 2023 en état de récidive, a été condamné début 2025 à une peine de dix ans de prison.

Le procès s'ouvrant en pleine affaire Lyhanna, la défense s'est inquiétée de possibles répercussions. "Il y a toujours une appréhension quand un fait divers vient impacter une audience pénale. Je pense que le contexte risque d'influencer les débats", a dit Pierre-Alexandre Narcy, avocat d'un des accusés.

Du côté des parties civiles, on espère au contraire que cela donnera "plus d'ampleur" au procès orléanais.

Verdict attendu vendredi.

AFP / Orléans (France) (AFP) / © 2026 AFP

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