Remaniement : "Je demande un changement de cap", affirme Nicolas Dupont-Aignan

"On est en train de ruiner l'Europe" selon Nicolas Dupont Aignan, député de l'Essonne et président de Debout La France. Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

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Nicolas Dupont Aignan interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 4 juillet 2022, dans "le petit déjeuner politique". 

Le remaniement gouvernemental, la crise en Ukraine et les accusations contre Damien Abad et Eric Coquerel. Nicolas Dupont Aignan a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

Remaniement : "Est-ce qu'Emmanuel Macron a pris en compte la gravité de la situation ?"

Un remaniement est attendu en France, après les Législatives. Il pourrait être annoncé dès lundi 4 juillet 2022, alors que les premières informations commencent à fuiter dans la presse. Nicolas Dupont-Aignan souligne que ça ne "l’intéresse pas" de parler "des chaises musicales". Il veut savoir si "Emmanuel Macron a entendu le message des urnes". "Est-ce qu’il a pris en compte la gravité de la situation" et compte proposer les quelques mesures qui sont selon lui "vitales pour sauver le pays" ?

Parmi ces mesures, le député de l’Essonne évoque : "la baisse du prix de l’essence", "la TVA à 0% pour les 50 produits de première nécessité" et "la sécurité". Il juge que "si mercredi Mme Borne proposait un vrai changement de cap" il n’aurait plus l’impression qu’ils "font semblant". "Moi, je demande un changement de cap !".

 

Nicolas Dupont-Aignan : "il faut redistribuer l’argent vers ceux qui bossent"

Selon lui, le remaniement "ça ne va rien changer". "La vraie question est est-ce qu’ils se rendent compte de la gravité de la situation nationale ?" Le président de Debout la France rappelle que le prix du litre est au-dessus de 2 euros, ce qui empêche les Français de travailler. "Toute la capacité de travail du pays est cassée."

Pour faire ces réformes, toutefois, il faut baisser les dépenses. "Je ne suis pas pour dire ‘on rase gratis’." Outre les économies à faire, "il faut redistribuer l’argent vers ceux qui bossent", estime-t-il. Si le gouvernement ne comprend pas ça, "on va à l’impasse".

 

Remaniement : Olivier Véran "sera à mon avis un très mauvais porte-parole"

Olivier Véran est pressenti comme remplaçant d’Olivia Grégoire au poste de porte-parle du gouvernement. "Oh mon dieu", s’exclame Nicolas Dupont-Aignan. "Ce serait catastrophique : il n’y a pas un homme plus arrogant, méprisant..." Le député juge que "ce sera à mon avis un très mauvais porte-parole".

 

Ukraine : "Il est tout à fait possible d’arriver à un compromis avec la Russie"

La crise en Ukraine se poursuit, tout comme la guerre. "Je maintiens qu’en Ukraine il y a urgence de changer de politique", explique Nicolas Dupont-Aignan. "Il est tout à fait possible d’arriver à un compromis avec la Russie." Il concède que "la Russie a commis une très grave erreur" et qu’il estime qu’elle est l’agresseur.

Pour autant, "l’Ukraine avait commis des fautes sur le Dombass." Le député veut donc un plan de paix sauvant "la face de Poutine", permettant d’arrêter les hostilités et le retrait des troupes. Peut-être avec un "statut d’autonomie pour le Dombass, ce qu’attend la Russie".

Les conséquences de la crise en Ukraine, souligne-t-il, vont au-delà du seul pays d’Europe de l’Est. "On va avoir des famines en Afrique" avec "des problèmes d’immigration extrêmement importants".

Ainsi, en politique étrangère, il demande également un changement de cap. "On est en train de ruiner l’Europe" à cause d’une "politique de folie en Ukraine". Tout ça va conduire à une hausse du prix du gaz, du prix de l’essence… "L’agresseur est la Russie, je le maintiens, mais il y a un plan de paix possible", déclare Nicolas Dupont-Aignan.

 

Rumeurs sur Abad et Coquerel : "Est-ce que dès qu’il y a accusation la personne doit démissionner ?"

Damien Abad a été visé par une plainte pour viol et les appels à ce qu’il quitte le gouvernement se multiplient. Sur ce sujet, Nicolas Dupont-Aignant se dit "très partagé". "Je n’aime pas la politique de la rumeur." Il rappelle néanmoins que la tradition voulait que les ministres se mettent en retrait pour se défendre en cas de plainte. "Si on commence à démissionner sur toute rumeur", juge le député, cela va conduire au chaos car des rumeurs seraient lancées à tout-va.

De la même manière, Eric Coquerel, fraîchement élu président de la Commission des Finances, est ciblé par des accusations de harcèlement. "Pareil", commente Nicolas Dupont-Aignan. "Est-ce que dès qu’il y a accusation la personne doit démissionner ?" Le député ne se prononce pas.

 

 

Retrouvez "L’invité politique" chaque jour à 8h15 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger et Cécile de Ménibus.

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