Rationnement, risque de coupures : entre colère et compréhension, les entrepreneurs sont mitigés

Alors qu'Elisabeth Borne a demandé aux entreprises de faire des économies au risque d'un rationnement, les entrepreneurs ont reçu le message de manière... mitigé.

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Reportage de Chloé Le Blay

Alors que des risques de coupures et de rationnement énergétique menacent la France, Elisabeth Borne en appelle à la sobriété. La Première Ministre s’est adressée ce lundi lors de la rencontre des entrepreneurs de France du Medef. L'enjeu, établir leur propre plan de sobriété. Ce ce qui a notamment été demandé aux entreprises. Parmi ces professionnels certains sont inquiets car ils seront les premiers touchés en cas de rationnement énergétique. L’inquiétude gagne certains entrepreneurs comme Franck Legardeur, le directeur général de Delmonicos.

Face au risque de rationnement, "on est en train de faire un bilan carbone"

"On essaye de faire la promotion de la voiture électrique d'un côté et puis d'un autre côté quand on nous dit que nous sommes en pénurie d'énergie, on va remettre en route des centrales à charbon. Ce n'est pas logique..." regrette-t-il.

D'autres ont déjà trouvé des solutions pour répondre aux besoin de sobriété comme Hugo Oillic, directeur de l’impact chez Weward. "Il faut qu'on fasse des efforts sur nos serveurs par exemple, nous qui sommes une société plutôt informatique. On est en train de faire un bilan carbone pour voir comment consommer moins en toutes circonstances".

"Ce qui nous inquièterait, ce serait qu'on soit les seuls à être impactés"

Le risque de coupure plane aussi au-dessus des entreprises mais Jean-François Faure, président-fondateur de AuCoffre, relativise. "Ce qui nous inquièterait, ce serait qu'on soit les seuls à être impactés. Mais quand vous êtes dans un pays où tout le monde est impacté à commencer par vos concurrents et que vos client savent que, finalement, la donne est en train d'évoluer, je dirais que le curseur est remonté".

Et certains sont compréhensifs face aux efforts demandés. C’est le cas de Frédéric Dermer Directeur Général de Fixter. "Je pense que cette solidarité avec l'Ukraine est nécessaire si on veut pouvoir garder les conditions de développement en France qui sont celles que l'on a connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale".

La Première Ministre donne désormais rendez-vous aux entreprises début octobre pour tirer un premier bilan de ce plan de sobriété.

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