Cannes devient la première ville française à expérimenter un dispositif capable de détecter la consommation de protoxyde d’azote dans l’air expiré. Ornella Hongaro, pilote moto cannoise et ambassadrice de la sécurité routière, a participé à la mise en place de cette expérimentation. Invitée du Grand Matin de Sud Radio au micro de Jacques Cardoze, elle explique son fonctionnement et alerte sur les dangers du "gaz hilarant" au volant.
Un test qui fonctionne "exactement de la même manière qu’un éthylotest"
Après l’alcool et les stupéfiants, le protoxyde d’azote pourrait lui aussi être détecté directement lors de contrôles routiers. Cannes expérimente un nouvel appareil développé par le fabricant français "Olythe", permettant de repérer la consommation de ce gaz à partir de l’air expiré.
"Ça fonctionne exactement de la même manière qu’un éthylotest, c’est-à-dire qu’en l’occurrence le conducteur ou la personne qui est censée en avoir pris souffle et en fait à la finalité on voit exactement si il a pris et combien approximativement il a pris de protoxyde d’azote", explique Ornella Hongaro.
L’objectif est notamment de déterminer si une personne ayant consommé du protoxyde d’azote est en capacité de reprendre le volant. Le dispositif est actuellement testé à Cannes dans le cadre d’un programme d’expérimentation. "Moi je suis très contente que Cannes ait décidé d’être la première ville française à mettre cela en place et ça fonctionne très bien", se félicite la pilote cannoise.
🗣️ "Les morts et les accidents n'attendent pas. J'espère que d'autres villes emboîteront le pas" @OO28
— Sud Radio (@SudRadio) August 24, 2026
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"Maintenant ils peuvent me détecter"
Au-delà du contrôle lui-même, Ornella Hongaro espère que le dispositif aura un effet dissuasif, notamment auprès des jeunes consommateurs. "Les jeunes aussi ont peur et maintenant on commence à comprendre que là en l’occurrence dans Cannes et j’espère que d’autres villes prendront le pas en se disant maintenant ils peuvent me détecter", explique-t-elle.
Pour l’ambassadrice de la sécurité routière, cette expérimentation s’inscrit avant tout dans une démarche de prévention. "Ce n’est pas pour les agresser, c’est vrai que c’est dramatique le protocole, ce n’est pas comme le reste, ils en prennent même la première fois, ils peuvent même prendre juste une fois un ballon pour essayer et ça peut avoir des conséquences dramatiques pour leur vie."
"Ça détruit vraiment le cerveau"
La consommation de protoxyde d’azote représente également un danger majeur sur la route. Ornella Hongaro insiste sur les effets du produit sur les capacités d’un conducteur. "La vérité vraie, c’est que ça détruit vraiment le cerveau", affirme-t-elle. Pour sensibiliser les plus jeunes, la pilote compare ses effets au manque d’oxygène ressenti lors d’un effort physique intense.
« On se croit capable, mais en fait il suffit qu’il y ait, même si tu roules à 50 kilomètres ou quoi, tu n’as pas les capacités, point barre, c’est tout, c’est une drogue". Environ 500 signalements sont recensés chaque année et 450 accidents ont déjà été attribués au protoxyde d’azote.
Un dispositif encore en phase d’expérimentation
Pour l’heure, le dispositif expérimenté à Cannes n’est pas encore homologué. La ville avait déjà pris des mesures locales contre la consommation et l’usage détourné du protoxyde d’azote.
Ornella Hongaro espère désormais voir d’autres communes suivre l’exemple cannois. Pour elle, l’urgence est d’agir sans attendre : "Avec mon équipe, on est dans un programme d’expérimentation vraiment pour tenter de tout faire pour stopper ce fléau le plus vite possible, même si la loi riposte arrive etc. parce que les morts et les accidents n’attendent pas"